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Offre d'emploi au Québec : ce qu'il faut vérifier avant de demander un permis de travail

L'employeur existe-t-il, l'offre et le contrat concordent-ils, quelle voie s'applique ? Les vérifications avant de donner suite à une offre d'emploi au Québec.

Mis à jour le 17 octobre 2026 · 9 min de lecture · Visa Canada Rouge

Un employeur québécois vous propose un poste. C’est souvent le début d’un vrai projet ; c’est parfois le début d’une arnaque. Dans les deux cas, une lettre d’offre ne suffit pas pour obtenir un permis de travail, et elle ne donne pas le droit de commencer à travailler. Avant d’envoyer vos documents, de signer ou de payer quoi que ce soit, voici ce qu’il faut vérifier, dans l’ordre, d’après les pages d’IRCC, d’EDSC et du Québec consultées le 17 octobre 2026.

Nouvel arrivant qui compare une offre d’emploi imprimée et une liste de vérification sur une table de cuisine (illustration)

À retenir

  • Obtenez une offre écrite : poste, tâches, salaire, heures, lieu, durée.
  • Demandez quelle voie le poste suivra : EIMT (avec CAQ au Québec) ou dispense d’EIMT.
  • L’offre, le contrat, les formulaires et vos preuves doivent dire la même chose.
  • L’employeur fait sa partie (EIMT ou offre dans le Portail), vous faites la vôtre (CAQ, permis).
  • Toute demande d’argent pour « obtenir » une offre ou une EIMT est un signal d’alerte.
  • Les règles changent : vérifiez-les au moment du dépôt.

1. L’employeur et le poste existent-ils vraiment ?

  • Trouvez vous-même le nom légal de l’entreprise, son adresse et son numéro, et appelez par ce canal pour confirmer que la personne qui vous recrute y travaille.
  • Demandez où vous travaillerez, qui sera votre superviseur et quel poste vous occuperez.
  • Méfiez-vous de toute demande d’argent pour « acheter » une offre, une EIMT ou un recrutement, ou pour rembourser une partie de votre salaire plus tard. Gardez tous les messages et demandez conseil avant de payer.
  • Avant d’envoyer un passeport ou un relevé bancaire, sachez qui le demande, pourquoi, et comment le joindre.

Regardez les responsabilités concrètes, pas seulement le titre. Une offre de technicien qui ne décrit aucune tâche technique, ou des responsabilités sans rapport avec votre expérience, rend le recrutement difficile à défendre. Demandez à l’employeur pourquoi il recrute et comment le poste s’inscrit dans son activité.

Le saviez-vous ?

Pour EDSC, une offre doit respecter 4 facteurs pour être authentique : l’entreprise offre des biens ou des services, le poste répond à un besoin raisonnable, l’employeur peut respecter toutes les conditions de l’offre, et il n’a pas de problème de conformité.

Source : EDSC, légitimité de l’entreprise

Employeur qui montre la cuisine et l’horaire de la semaine à un candidat dans un restaurant (illustration)

2. Quel type de permis, et quelle voie ?

IRCC distingue deux types de permis de travail : le permis lié à un employeur, qui limite le travail aux conditions autorisées, et le permis ouvert. Une offre d’emploi ne rend pas admissible à un permis ouvert : cela dépend de votre situation (voir qui a droit au permis ouvert).

Posez ensuite la question directement à l’employeur : le poste passera-t-il par une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), ou par une voie dispensée d’EIMT ?

  • Avec une EIMT : au Québec, pour un emploi de plus de 30 jours consécutifs, l’employeur dépose l’EIMT à Service Canada et au MII (anciennement MIFI) en même temps, et votre demande de sélection temporaire (le CAQ pour travail) suit. Une fois l’EIMT favorable et le CAQ accordé, vous demandez le permis de travail à IRCC.
  • Sans EIMT : une dispense correspond à une catégorie précise, avec ses propres conditions. Pour la plupart des offres dispensées liées à un employeur, celui-ci soumet l’offre dans le Portail des employeurs d’IRCC et vous remet un numéro d’offre. Une dispense ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire.

Deux précisions : le traitement simplifié du Québec ne vise que certaines professions de la liste et reste une EIMT (voir le traitement simplifié) ; la Mobilité francophone vise des emplois hors du Québec et ne sert pas pour un poste québécois. Un recruteur incapable de vous dire quelle voie s’applique : c’est un signal d’alerte. Notre article sur l’EIMT, le CAQ et le permis de travail explique le côté employeur.

Vérifiez aussi votre statut actuel. Si vous êtes déjà au Canada, ses conditions disent ce que vous pouvez faire en attendant, et la démarche peut différer de celle d’une personne qui dépose depuis l’étranger. Ne démissionnez pas d’un emploi autorisé, et ne laissez pas expirer votre permis, en comptant sur une offre qui n’a pas encore franchi les étapes.

Qui fait quoi

ÉtapeQuiCe qu’il faut savoir
Offre écrite et contratEmployeurLes mêmes conditions partout : tâches, salaire, heures, lieu, durée
EIMT (Service Canada et MII) ou offre dans le Portail des employeursEmployeurSelon la voie : avec EIMT, ou avec une dispense
Demande de sélection temporaire (CAQ pour travail)TravailleurQuand la voie l’exige, après le dépôt de l’EIMT
Demande de permis de travailTravailleurÀ IRCC, avec les documents de l’employeur
Respect des conditions pendant l’emploiEmployeurSalaire, tâches et lieu tels que déclarés

Exemple : une usine de Saguenay offre à Karim, soudeur en Tunisie, un poste de deux ans. L’employeur dépose l’EIMT à Service Canada et au MII en même temps. Karim, de son côté, prépare sa demande de CAQ pour travail, ses lettres d’anciens employeurs et ses diplômes traduits. Une fois l’EIMT favorable et le CAQ accordé, il dépose sa demande de permis à IRCC. Il ne quitte son emploi en Tunisie qu’une fois le permis approuvé.

3. L’offre et le contrat disent-ils la même chose ?

L’offre et le contrat doivent nommer le même employeur et décrire le même poste, les mêmes tâches, le même lieu, le même salaire, les mêmes heures et la même durée. Ces renseignements se retrouveront dans l’EIMT, le CAQ et la demande de permis : une différence soulève des questions.

Regardez au-delà du titre : les tâches doivent décrire le travail réel. Vérifiez aussi la fréquence de la paie, les heures supplémentaires et les retenues, et faites mettre par écrit tout arrangement de logement ou de transport. Si le contrat indique un salaire et que l’employeur en annonce un autre de vive voix, faites clarifier par écrit avant le dépôt. Si deux documents ne concordent pas, demandez une version corrigée à l’employeur ; ne modifiez jamais vous-même un document de l’employeur.

Mains qui vérifient un contrat de travail en français à côté d’une calculatrice et d’un calendrier (illustration)

4. Le salaire et le lieu

Comparez le salaire aux règles de la profession et de la voie choisie, et confirmez le lieu réel du travail, pas seulement l’adresse du siège social. La région compte : EDSC indique que, jusqu’au 31 décembre 2026, certaines demandes d’EIMT pour des postes à bas salaire dans les régions de Montréal et de Laval ne sont pas traitées. Pour un dossier de 2027, vérifiez la règle alors en vigueur.

Seuils salariaux, restrictions régionales, frais et délais changent : appuyez-vous sur les consignes en vigueur à la date du dépôt plutôt que sur un chiffre repris ailleurs.

5. Pouvez-vous prouver que vous savez faire ce travail ?

L’agent peut vérifier que votre expérience et votre formation correspondent au poste. Préparez des lettres de vos anciens employeurs qui décrivent votre poste, vos dates et vos tâches, appuyées si possible par des contrats ou des fiches de paie. Pour une profession réglementée au Québec, vérifiez si une reconnaissance de l’ordre professionnel est exigée avant d’exercer. Traduisez les documents selon les consignes d’IRCC ou du Québec. Si votre CV montre une expérience différente de celle du poste, expliquez clairement le lien.

Avant l’envoi, relisez ensemble, avec l’employeur, les noms, les dates, les fonctions, le salaire et le lieu dans tout le dossier : l’offre, l’EIMT, le CAQ, la demande de permis et vos preuves. Une incohérence entre ces pièces peut entraîner des demandes de précisions, retarder l’examen, voire mener à un refus. Gardez une copie datée de chaque version de l’offre : si l’employeur la modifie, vous pourrez montrer ce qui a changé et quand.

Le saviez-vous ?

Au Québec, un renseignement ou un document faux ou trompeur peut entraîner le refus du ministre d’examiner toute demande d’immigration pendant cinq ans, et une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 $.

Source : Gouvernement du Québec, prévention de la fraude

6. Et après l’arrivée ?

Votre permis sera lié à cet employeur, à ce poste et à ce lieu. Changer d’employeur exige un nouveau permis : notre article sur le permis lié à un employeur explique comment. L’employeur, lui, doit respecter les conditions déclarées et garder ses documents : voir la conformité de l’employeur.

Le renouvellement se prépare tôt : le Québec conseille de lancer la démarche au moins six mois avant l’expiration du permis, car l’employeur doit obtenir une nouvelle EIMT et vous, un nouveau CAQ. À partir du 17 décembre 2028, les travailleurs du Programme des travailleurs étrangers temporaires qui demanderont un CAQ après trois ans de travail au Québec devront aussi démontrer un français oral de niveau 4, sauf exemptions, notamment pour les travailleurs agricoles. Si vous comptez rester, commencez le français dès maintenant.

Un permis de travail est une étape : l’expérience acquise au Québec peut ensuite mener au PEQ ou au PSTQ. Notre page sur le permis de travail présente les différents types de permis. Pour faire le point, vous pouvez décrire votre situation ou réserver une consultation.

Les signaux d’alerte

  • Des frais pour obtenir une offre d’emploi ou une EIMT.
  • Un recruteur qui ne sait pas nommer la voie ni le lieu de travail.
  • Des documents qui décrivent des postes différents.
  • Une pression pour signer ou payer vite.
  • Une promesse de permis garanti.
Chercheur d’emploi qui lit une lettre d’offre dans une rue enneigée au crépuscule (illustration)

Questions fréquentes

Qui paie l’EIMT ?

L’EIMT est une demande de l’employeur. Une demande de payer les frais d’EIMT ou de recrutement de l’employeur n’est pas un de vos frais gouvernementaux : vérifiez les règles avant de payer quoi que ce soit.

Faut-il parler français pour obtenir un premier permis ?

Ce n’est pas une règle générale pour un premier permis, même si certains postes l’exigent en pratique. L’exigence de français oral de niveau 4 vise certains renouvellements du CAQ après trois ans de travail, à partir du 17 décembre 2028.

Puis-je commencer à travailler pendant que ma demande est en traitement ?

Le dépôt d’une demande ne donne pas, à lui seul, le droit de commencer un nouvel emploi. Vérifiez si une autorisation que vous avez déjà vous le permet.

L’employeur change mon poste après mon arrivée. Que faire ?

Comparez le nouveau poste aux conditions inscrites sur votre permis avant d’accepter. Un autre employeur, un autre poste ou un autre lieu peut exiger un nouveau permis.

L’offre est retirée après le dépôt. Que faire ?

Informez IRCC par le canal de votre demande. Ne présentez jamais un emploi comme disponible s’il ne l’est plus.

L’employeur modifie l’offre pendant les démarches. Que faire ?

Demandez une version écrite qui décrit les changements et leur date. L’employeur et vous devez ensuite voir ce que cela change aux formulaires déjà préparés ou déposés, et suivre la procédure qui s’applique à la démarche en cours.

Ma famille peut-elle m’accompagner ?

Chaque membre de la famille peut devoir présenter sa propre demande, selon sa situation. Le permis de travail du conjoint dépend des critères fédéraux en vigueur, et les enfants ont leurs propres démarches selon leur âge et leur scolarité. Vérifiez-les pour chacun, au fédéral comme au Québec, avant de fixer la date du départ.

Conclusion

Avant de demander un permis de travail pour un emploi au Québec, vérifiez que l’employeur et le poste sont réels, que l’offre et le contrat concordent, et quelle voie s’applique : EIMT avec CAQ, ou dispense. Coordonnez ensuite les étapes fédérales et québécoises avec l’employeur, chacun faisant sa part. Une offre d’emploi est un point de départ : elle ne donne jamais, à elle seule, le droit de travailler.

Sources officielles

Pages officielles consultées le 17 octobre 2026 :

À propos de ce guide

Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).

Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.

Votre situation est unique.

Ce guide explique les règles générales. Pour savoir ce qui s'applique à vous, parlez-en avec un consultant réglementé.