Travailler au Québec
Permis de travail ouvert : qui y a vraiment droit ?
Il n'existe pas de permis ouvert pour tout le monde. Les situations prévues par IRCC, quatre questions à se poser et les frais de 255 $.
Le permis de travail ouvert fait rêver : aucun employeur imposé, aucune offre d’emploi, aucune EIMT. Mais il n’existe pas de permis ouvert « pour tout le monde ». On l’obtient seulement si l’on se trouve dans l’une des situations prévues par IRCC, et chacune a ses propres conditions : être travailleur, étudiant ou conjoint ne suffit pas à lui seul. Voici la liste officielle (page d’IRCC du 31 mars 2026, consultée le 11 octobre 2026 et revue le 17 octobre 2026) et les cas qui reviennent le plus souvent au cabinet.
À retenir
| Votre question | Réponse |
|---|---|
| Qui peut demander un permis ouvert ? | Seulement les personnes qui remplissent les critères d’une situation reconnue par IRCC : certains diplômés, conjoints, demandeurs de résidence permanente, personnes vulnérables… |
| Autorise-t-il tous les emplois ? | Presque : quelques employeurs sont exclus, et une condition médicale ou professionnelle peut limiter le travail. |
| Couvre-t-il la famille ? | Non. Chaque membre vérifie sa propre admissibilité. |
| Combien coûte-t-il ? | 255 $, plus 85 $ de biométrie s’il y a lieu. |
Ouvert, ça veut dire quoi ?
Selon IRCC, un permis ouvert permet de travailler pour n’importe quel employeur au Canada, sauf les employeurs inscrits sur la liste des employeurs non conformes et ceux qui offrent régulièrement des services de striptease, de danse érotique, d’escorte ou de massage érotique. Le permis lié à un employeur, lui, vous attache à un seul employeur, à un poste et aux conditions inscrites, souvent avec une EIMT ou une dispense.
| Type de permis | Ce qu’il autorise | À vérifier |
|---|---|---|
| Ouvert | Travailler pour presque tout employeur, sans employeur désigné | La situation qui vous rend admissible, et les conditions inscrites |
| Lié à un employeur | Travailler pour l’employeur, au poste et aux conditions indiqués | L’EIMT ou la dispense, l’offre d’emploi |
| Ouvert avec restrictions | Travailler pour divers employeurs, avec une limite | La restriction médicale ou professionnelle inscrite |
Un permis de travail n’est ni un visa de visiteur ni la résidence permanente : travailler, séjourner et voyager sont trois questions distinctes.
Les situations prévues
- Étudiants, diplômés et jeunes : demandeurs du permis de travail postdiplôme ; participants au volet Vacances-travail d’Expérience internationale Canada ; étudiants dans le besoin.
- Époux et enfants à charge : membres de la famille de demandeurs de résidence permanente ; membres de la famille de titulaires d’un permis de travail ; époux ou conjoints de fait d’étudiants étrangers ; membres de la famille parrainés.
- Personnes vulnérables : réfugiés, demandeurs d’asile et personnes protégées ; victimes de mauvais traitements au travail ; personnes en situation de crise.
- Autres : Autochtones ; demandeurs de résidence permanente ; titulaires d’un permis de séjour temporaire ; investisseurs du Québec.
Appartenir à une grande famille de cette liste ne suffit pas : comparez votre statut et votre motif aux conditions précises de la catégorie.
Quatre questions à se poser
- Vous terminez vos études au Canada ? Le PTPD est un permis ouvert, mais il dépend du programme, du niveau de langue et parfois du domaine d’études.
- Votre conjoint étudie au Canada ? Depuis le 21 janvier 2025, seulement pour certains programmes : maîtrise d’au moins 16 mois, doctorat, certains programmes professionnels et programmes désignés. Voir les critères du permis ouvert du conjoint.
- Vous avez demandé la résidence permanente ? Le permis de travail ouvert transitoire peut vous permettre de continuer à travailler pendant le traitement, si vous en remplissez les conditions.
- Vous êtes parrainé par votre époux ? Le parrainage peut ouvrir la porte à un permis ouvert pour la personne parrainée : voir notre page sur le parrainage au Québec.
Le saviez-vous ?
De janvier à juin 2025, les nouveaux permis de travail délivrés aux conjoints d’étudiants étrangers ont baissé de 63 % par rapport à la même période de 2024, après le resserrement des règles.
Source : IRCC, documents du comité de la Chambre du 21 octobre 2025
Le conjoint et les enfants : chacun sa demande
Être conjoint d’un travailleur ou d’un étudiant n’ouvre pas automatiquement le droit à un permis ouvert. Pour le conjoint d’un travailleur, tout peut dépendre de la profession du demandeur principal (code CNP, catégorie FÉER) et des règles du moment. Pour le conjoint d’un étudiant, du programme suivi. Les enfants à charge, eux, ne reçoivent pas de permis parce qu’un parent en a un : chacun vérifie s’il a besoin d’un permis, s’il peut en demander un, et ce que son statut lui permet.
Les jeunes du PVT et les autres programmes de mobilité
Le volet Vacances-travail d’Expérience internationale Canada donne un permis ouvert, mais il dépend du pays de citoyenneté, de l’âge et des places disponibles chaque saison. Ce n’est pas une voie ouverte à tous les jeunes étrangers : il faut être citoyen d’un pays qui a un accord avec le Canada. À la fin du PVT, le permis ne se renouvelle pas automatiquement ; voir le parcours du PVT et les options après le PVT.
Demandeurs de résidence permanente : le permis transitoire
Le permis de travail ouvert transitoire vise certaines personnes qui ont déjà déposé une demande admissible de résidence permanente et qui veulent continuer à travailler pendant son traitement. L’intention de présenter une demande ne suffit pas : il faut que la demande soit déposée, et, selon le programme, jugée complète. Au Québec, le CSQ seul ne suffit donc pas ; la demande fédérale doit avoir passé la vérification de l’intégralité. Voir le permis ouvert transitoire.
Si vous n’êtes pas encore à ce stade, il faut une autre solution pour rester en emploi : la prolongation de votre permis actuel, ou, pour certains candidats au PSTQ dont le permis fermé expire en 2026, le permis de 12 mois.
Travailleur victime de mauvais traitements
Un travailleur qui subit des mauvais traitements au travail, ou qui risque d’en subir, peut vérifier son admissibilité au permis ouvert pour travailleurs vulnérables. Rassemblez des pièces claires et datées : messages, documents d’emploi, notes des événements, personnes qui peuvent confirmer les faits. Ce n’est pas un simple changement d’employeur. En cas de danger immédiat, votre sécurité passe d’abord : appelez les services d’urgence.
Vérifier son admissibilité, étape par étape
- Quel est votre statut actuel ? Étudiant, travailleur, visiteur, demandeur de résidence permanente, personne protégée…
- Sur quoi repose votre admissibilité ? Un diplôme, le statut du conjoint, une demande de résidence permanente, un programme de mobilité, une situation de vulnérabilité.
- Quelle règle précise s’applique ? Le code CNP et la catégorie FÉER quand le statut du conjoint compte, le programme d’études pour un conjoint d’étudiant.
- Qu’est-ce qui pourrait limiter le travail ? Une restriction médicale, une profession réglementée, une condition inscrite.
- Quelles pièces prouvent chaque critère ? Passeport, permis actuel, preuve de fin d’études, documents du conjoint, preuve du lien familial ou de la demande de résidence permanente.
Les pièces changent d’une catégorie à l’autre. Pour un PTPD : la confirmation de fin de programme et le relevé de notes. Pour un conjoint : la preuve du mariage ou de la vie commune, et les documents sur le permis et l’emploi ou les études du demandeur principal. Pour un permis transitoire : la preuve que la demande de résidence permanente est déposée et jugée complète. Pour une situation de mauvais traitements : des faits datés et les pièces qui les appuient. Les formulaires exacts sont ceux de votre liste personnalisée ; chaque membre de la famille fait l’objet de sa propre analyse.
Au Québec, gardez en tête qu’un CSQ n’est ni la résidence permanente ni une autorisation de travailler. Une profession réglementée exige aussi l’accord de son ordre professionnel, en plus du permis d’immigration.
Ce qu’un permis ouvert ne règle pas
Un permis ouvert peut porter une restriction, par exemple liée à l’examen médical : sans examen, certains emplois en santé, en garde d’enfants ou en enseignement peuvent être exclus. Lisez les conditions inscrites sur votre permis. De même, une profession réglementée au Québec exige l’autorisation de l’ordre professionnel, distincte du permis d’immigration : un infirmier ou un ingénieur ne peut pas exercer sous ce titre du seul fait d’avoir un permis ouvert.
Et le permis ne remplace ni les documents de voyage ni le statut. Si vous quittez le Canada, il vous faudra peut-être un visa ou une AVE pour revenir, même avec un permis valide. Admissibilité au permis, décision sur la demande et droit de séjour sont trois vérifications distinctes.
Les frais
Selon la liste des frais d’IRCC, un permis ouvert coûte 255 $ : 155 $ de frais de permis de travail et 100 $ de droit du titulaire d’un permis de travail ouvert. S’ajoutent 85 $ si des données biométriques sont exigées.
Le saviez-vous ?
En 2024, les titulaires d’un permis de travail pour conjoint représentaient 13,7 % des titulaires de permis du Programme de mobilité internationale.
Source : IRCC, documents du comité de la Chambre du 21 octobre 2025
Les erreurs fréquentes
- Croire que tout conjoint est admissible : vérifiez le programme ou la profession du demandeur principal.
- Penser que le permis couvre les enfants.
- Prendre un CSQ pour un permis de travail.
- Croire qu’un permis ouvert n’a aucune limite : lisez les conditions inscrites.
- Déposer dans la mauvaise catégorie : choisissez la situation qui vous rend admissible avant les formulaires.
Si votre situation change pendant le traitement (séparation, fin des études du conjoint, retrait d’une demande de résidence permanente), la base de votre admissibilité peut disparaître. Vérifiez ce que cela change pour votre demande ou votre permis avant de continuer à travailler, et répondez exactement à toute question d’IRCC à ce sujet. Une situation qui a changé, présentée comme si rien n’avait bougé, crée un risque bien plus grand que le changement lui-même.
Et si aucune situation ne s’applique ?
La voie habituelle est alors un permis lié à un employeur, avec une EIMT ou grâce à une dispense d’EIMT. Voir EIMT ou dispense d’EIMT, notre page sur l’EIMT au Québec et celle sur les permis de travail. Pour faire le point, vous pouvez décrire votre situation ou réserver une consultation.
Questions fréquentes
Puis-je demander un permis ouvert sans raison particulière ?
Non. Il faut entrer dans l’une des situations prévues par IRCC et en remplir les conditions.
Un permis ouvert permet-il de travailler au Québec ?
Oui, pour n’importe quel employeur au Canada, sauf les exceptions prévues par IRCC.
Faut-il une offre d’emploi ?
Non : c’est justement ce qui distingue le permis ouvert. Ce qui compte, c’est la situation qui vous rend admissible.
Puis-je commencer à travailler dès l’envoi de la demande ?
Pas automatiquement. Cela dépend de votre statut actuel et du type de demande : vérifiez votre situation avant de commencer un nouvel emploi.
Peut-on le demander depuis l’étranger ?
Certaines catégories le permettent, d’autres sont liées à un statut au Canada. Le lieu de dépôt ne crée pas l’admissibilité : choisissez d’abord la catégorie, puis suivez ses instructions.
Un permis ouvert permet-il de créer son entreprise au Québec ?
Il permet de travailler sans employeur désigné, mais vous devez respecter ses conditions et les règles qui s’appliquent à l’activité, y compris les obligations provinciales et municipales.
Comment prouver que nous sommes conjoints de fait ?
Par au moins 12 mois de vie commune prouvée : bail, factures et courrier à la même adresse, responsabilités partagées. Voir l’union de fait en immigration.
Combien coûte un permis ouvert ?
255 $ (155 $ + 100 $), plus 85 $ de biométrie s’il y a lieu.
Sources officielles
Pages officielles consultées le 17 octobre 2026 :
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À propos de ce guide
Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).
Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.
Votre situation est unique.
Ce guide explique les règles générales. Pour savoir ce qui s'applique à vous, parlez-en avec un consultant réglementé.