Employeurs du Québec
EIMT au Québec : embaucher un travailleur étranger sans perdre des mois.
Au Québec, l'EIMT se demande à deux gouvernements à la fois. Traitement simplifié, postes à bas salaire à Montréal et Laval, salaire à offrir : les règles de 2026 changent la stratégie d'embauche.
Vous souhaitez recruter une personne qui n'est pas autorisée à travailler pour votre entreprise au Canada ? Selon le poste, le salaire, le lieu de travail et la situation du candidat, une étude d'impact sur le marché du travail (EIMT) peut être nécessaire avant que celui-ci demande un permis de travail. Au Québec, la démarche se coordonne avec le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI).
Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal, accompagne les employeurs dans l'analyse du poste, le choix du volet et la préparation des étapes liées à l'EIMT, au Certificat d'acceptation du Québec (CAQ) pour travail et au permis de travail, avant la publication de l'offre ou la confirmation de l'embauche.
Qu'est-ce que l'EIMT ?
L'évaluation de l'impact sur le marché du travail (EIMT) est le document par lequel un employeur démontre qu'il a besoin d'embaucher un travailleur étranger temporaire. L'analyse porte sur les besoins de l'entreprise et les effets possibles de l'embauche sur le marché du travail. Une EIMT favorable permet ensuite au travailleur de demander son permis de travail lié à l'employeur ; elle n'est pas le permis lui-même et ne décide pas, à elle seule, de l'admissibilité du travailleur.
Plusieurs emplois exigent une EIMT, mais certaines catégories de permis en sont dispensées : il faut examiner les fonctions réelles, le lieu de travail, le statut du candidat et la catégorie de permis avant de choisir. Notre page pour les employeurs présente les principales voies d'embauche.
Au Québec : deux demandes, en même temps
Pour un poste situé au Québec d'une durée de plus de 30 jours consécutifs, l'employeur doit transmettre sa demande simultanément à Service Canada et au MIFI. Les documents doivent être en français ; prévoyez la préparation ou la traduction des pièces.
Le travailleur doit aussi obtenir un Certificat d'acceptation du Québec (CAQ) : c'est l'employeur qui transmet la demande de sélection temporaire du travailleur en même temps que la demande d'EIMT. Le CAQ n'est pas requis notamment pour un travail de 30 jours ou moins, ou lorsque l'EIMT conjointe n'est pas exigée. Une fois l'EIMT favorable et le CAQ accordé, le travailleur demande son permis de travail au gouvernement fédéral.
Le CAQ et l'EIMT sont deux étapes distinctes, même si elles sont coordonnées : le CAQ relève de la sélection temporaire par le Québec, l'EIMT de l'évaluation du besoin de main-d'œuvre. À partir du 17 décembre 2028, un travailleur qui demande un CAQ après trois ans de travail au Québec devra démontrer une connaissance du français de niveau 4 à l'oral, sauf exceptions, notamment les travailleurs agricoles.
Poste à haut salaire ou à bas salaire ?
La voie dépend du salaire offert. Le seuil correspond au salaire horaire médian de la province majoré de 20 %. Au-dessus du seuil, la demande relève du volet des postes à haut salaire ; en dessous, du volet des postes à bas salaire, qui comporte davantage de restrictions, dont une limite sur la proportion de travailleurs étrangers à bas salaire dans l'entreprise. Les seuils sont mis à jour chaque année ; au Québec, le salaire offert doit aussi respecter le salaire en vigueur publié par le MIFI.
- Haut salaire : des exigences propres, dont un plan de transition qui décrit comment l'employeur réduira sa dépendance aux travailleurs étrangers temporaires.
- Bas salaire : la limite de proportion, des règles sur les conditions d'emploi et les mesures de soutien au travailleur, et les restrictions géographiques ci-dessous.
Classer le poste dans le mauvais volet entraîne un recrutement et des documents mal préparés. Les renseignements doivent concorder dans l'offre, la demande d'EIMT et les documents du CAQ.
Montréal et Laval : des postes à bas salaire bloqués
Jusqu'au 31 décembre 2026, certaines demandes d'EIMT pour des postes à bas salaire dans les régions économiques de Montréal et de Laval ne sont pas traitées. Des secteurs sont exemptés, notamment l'agriculture, la construction, la transformation alimentaire, les soins de santé, l'enseignement et certains postes d'aide familiale.
Depuis le 26 septembre 2024, le gouvernement fédéral refuse aussi de traiter les demandes pour des postes à bas salaire dans les régions métropolitaines dont le taux de chômage atteint 6 % ou plus. Une exemption sectorielle ne s'applique pas automatiquement à tout employeur du secteur : elle dépend du poste. Avant de lancer un recrutement pour un poste à bas salaire, vérifiez la région, le salaire, le secteur et la profession au moment du dépôt.
Le traitement simplifié, un vrai avantage québécois
Le Québec et le gouvernement fédéral ont convenu d'un traitement simplifié pour les professions spécialisées inscrites sur une liste. Pour ces postes, l'employeur n'a pas à fournir de preuve de ses efforts de recrutement, même s'il doit toujours faire des efforts raisonnables pour recruter localement avant d'offrir le poste à un travailleur étranger.
La liste est mise à jour chaque année ; la dernière mise à jour date du 24 février 2026, avec une période de transition de 30 jours pour les employeurs. Une profession qui figurait sur une ancienne liste ne doit pas être présumée admissible : comparez les tâches réelles du poste avec la profession visée.
Ce qu'EDSC précise aussi pour ce traitement : la période d'emploi va généralement jusqu'à 3 ans (plus longtemps dans des cas exceptionnels), mais une demande à bas salaire peut viser au plus 1 an. Le plan de transition n'est pas exigé pour la première demande visant une profession à un endroit donné ; il l'est à partir de la deuxième. Et les frais de traitement de l'EIMT ne sont pas remboursés si la demande est refusée. Le traitement simplifié n'est pas une dispense : la demande d'EIMT reste nécessaire. Voir la page d'EDSC sur le processus simplifié.
Le recrutement, les obligations et la conformité
Hors traitement simplifié, l'employeur doit pouvoir expliquer ses démarches de recrutement : annonces diffusées, dates, méthodes, candidatures reçues et raisons pour lesquelles les candidats n'ont pas été retenus. Les exigences exactes varient selon le volet.
Après l'embauche, les responsabilités continuent :
- respecter les conditions indiquées dans la demande et l'offre : fonctions, lieu, salaire, heures ;
- respecter les normes du travail et les règles de santé et sécurité ;
- conserver les documents requis et suivre les dates d'expiration des permis ;
- collaborer en cas de vérification ou d'inspection ;
- vérifier avant tout changement important du poste, du salaire ou du lieu : une nouvelle démarche peut être nécessaire.
Les dispenses d'EIMT : vérifier avant de lancer la demande
Certains permis sont délivrés sans EIMT, par le Programme de mobilité internationale : certains transferts intra-entreprise, des accords internationaux, des situations d'avantage important. La mobilité francophone est une dispense possible, mais pas pour un emploi situé au Québec. Une dispense ne veut pas dire « aucune démarche » : l'employeur dépose une offre dans le portail des employeurs et paie, dans la plupart des cas, des frais de conformité de 230 $ ; le travailleur, lui, n'a pas besoin de CAQ, selon IRCC.
Voir la page d'IRCC pour vérifier si une EIMT est nécessaire et notre article EIMT ou dispense d'EIMT.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Publier l'offre avant de vérifier les restrictions. Un poste à bas salaire à Montréal ou à Laval peut être touché par la pause.
- Confondre traitement simplifié et dispense d'EIMT. Le traitement simplifié allège la demande ; il ne la supprime pas.
- Choisir le volet d'après le titre du poste. Le seuil salarial, le lieu et la rémunération réelle se regardent ensemble.
- Laisser des renseignements contradictoires. Tâches, salaire, horaires et lieu doivent concorder partout.
- Ne pas conserver les preuves de recrutement et de conformité.
- Croire qu'une EIMT autorise le travail. Le candidat doit obtenir son permis avant de commencer.
Ce que nous faisons pour vous
- Évaluer le poste : tâches, lieu, durée, salaire et situation du candidat.
- Déterminer la voie : haut ou bas salaire, restrictions de Montréal et Laval, traitement simplifié, ou dispense d'EIMT.
- Préparer les deux demandes, en français, et coordonner le CAQ.
- Préparer la suite pour le candidat : la demande de permis de travail.
- Mettre en place la conformité après l'embauche : conditions, documents, échéances.
Pour aller plus loin, lisez recruter au Québec : EIMT, CAQ et permis, les vérifications devant une offre d'emploi et le permis lié à un employeur, ou voyez notre page sur le permis de travail.
Questions fréquentes des employeurs
Mon entreprise est à Montréal. Puis-je encore embaucher un travailleur étranger ?
Oui, dans plusieurs cas : postes à haut salaire, secteurs exemptés, ou voies dispensées d'EIMT. Les restrictions actuelles visent certains postes à bas salaire. Tout dépend du salaire offert, du secteur et de la profession.
Le traitement simplifié dispense-t-il de l'EIMT ?
Non. Il allège la demande d'EIMT, notamment en dispensant de la preuve des efforts de recrutement, mais l'EIMT reste nécessaire.
Dois-je demander un CAQ pour le travailleur ?
Oui, avec une EIMT conjointe : vous transmettez la demande de sélection temporaire du travailleur en même temps que l'EIMT. Il n'est pas requis notamment pour un travail de 30 jours ou moins, ni pour une embauche par le Programme de mobilité internationale.
Une EIMT mène-t-elle à la résidence permanente ?
Pas directement. Une EIMT favorable permet au travailleur de demander un permis de travail temporaire. La résidence permanente passe ensuite par une autre démarche ; au Québec, c'est en général une sélection par le Québec, comme le PSTQ, suivie de la demande fédérale.
Le travailleur doit-il parler français ?
Les documents de la demande transmise au MIFI doivent être en français. Le niveau de langue à demander pour le poste lui-même est un point à examiner avec nous avant de publier l'offre. À partir du 17 décembre 2028, le renouvellement du CAQ après trois ans de travail exigera le niveau 4 à l'oral, sauf exceptions.
Les frais d'une EIMT refusée sont-ils remboursés ?
Non, les frais de traitement de l'EIMT ne sont pas remboursés si la demande est refusée. D'où l'intérêt de vérifier le volet, la région et la profession avant de déposer.
Sources officielles : Emploi et Développement social Canada, « Embaucher des travailleurs étrangers temporaires au Québec » et « Processus simplifié » (canada.ca, modifiées le 24 juillet 2026) ; IRCC, « Vérifier si vous avez besoin d'une EIMT » ; gouvernement du Québec, « Programme des travailleurs étrangers temporaires » (mise à jour le 17 décembre 2025). Consultées le 14 septembre et le 11 octobre 2026.
Nos guides sur ce sujet
Pour aller plus loin, avant de remplir un formulaire :
- EIMT au Québec : ce que le traitement simplifié change pour l’employeur
- EIMT ou dispense d'EIMT : comment l'employeur québécois s'y retrouve
- Recruter un travailleur étranger au Québec : articuler EIMT, CAQ et permis de travail
- Offre d'emploi au Québec : ce qu'il faut vérifier avant de demander un permis de travail
- Mobilité francophone : travailler hors du Québec sans EIMT
- Mutation intra-entreprise : le permis de travail pour les employés transférés au Canada
Parlons du poste avant l'offre d'emploi.
Une heure en ligne pour choisir la bonne voie d'embauche et éviter une EIMT refusée.