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Travailler au Québec

Mobilité francophone : travailler hors du Québec sans EIMT

Français oral NCLC 5, presque toutes les professions, emploi hors Québec, code C16 et 230 $ côté employeur : conditions, preuves et étapes.

Mis à jour le 17 octobre 2026 · 9 min de lecture · Visa Canada Rouge

Vous parlez français, vous vivez au Québec ou à l’étranger, et un employeur d’Ottawa, de Moncton, de Winnipeg ou de Vancouver veut vous embaucher ? La Mobilité francophone lui évite l’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT). Les conditions sont plus souples qu’on le croit : un français oral de niveau intermédiaire et une offre dans presque n’importe quelle profession, à une condition ferme : l’emploi est hors du Québec. La dispense ne supprime ni l’offre d’emploi de l’employeur, ni la demande de permis du travailleur. D’après les pages d’IRCC consultées le 17 octobre 2026.

À retenir

  • Le poste doit être hors du Québec. C’est le lieu réel du travail qui compte, pas l’adresse du siège social.
  • Le français oral est la condition centrale : NCLC 5 ou plus en expression et en compréhension orales.
  • Presque toutes les professions sont admissibles, sauf l’agriculture primaire des catégories FÉER 4 et 5.
  • L’employeur agit avant le travailleur : offre dans le Portail des employeurs, code C16, frais de 230 $, puis numéro d’offre transmis au candidat.
  • Le permis est lié à l’employeur. Changer d’emploi demande une nouvelle démarche.
  • La famille a besoin de son propre statut : le permis ouvert du conjoint n’est pas automatique.

Ce que permet la Mobilité francophone

La Mobilité francophone fait partie du Programme de mobilité internationale. Elle permet à un employeur d’embaucher un travailleur francophone pour un poste hors du Québec sans EIMT, c’est-à-dire sans l’évaluation habituelle de l’effet de l’embauche sur le marché du travail. Le travailleur doit quand même demander un permis et remplir les conditions de son dossier.

La dispense d’EIMT ne veut pas dire que l’employeur n’a rien à faire, ni qu’aucuns frais ne s’appliquent. L’entreprise inscrit l’offre dans le portail fédéral, paie les frais de conformité et s’engage sur les conditions de l’emploi qu’elle décrit : fonctions, salaire, lieu. Ces renseignements doivent être exacts, et il faut les respecter pendant tout l’emploi : un employeur qui recrute par une dispense reste soumis aux obligations fédérales des employeurs de travailleurs étrangers. Notre page sur la conformité de l’employeur en parle.

Un poste au Québec ne devient pas admissible parce que l’employeur a aussi un établissement ailleurs au Canada. Pour embaucher au Québec, il faut regarder les démarches propres à cette province, dont l’EIMT quand elle s’applique.

ÉlémentMobilité francophoneEmbauche avec EIMT
EIMTDispensée si les critères sont remplisExigée, selon le volet du poste
Lieu de travailHors du QuébecSelon le poste ; au Québec, démarche conjointe avec le MII (anciennement MIFI)
Français du travailleurNCLC 5 à l’oralSelon le programme et le poste
Demande de permisRequiseRequise

Les conditions (demandes depuis le 15 juin 2023)

  • Remplir les conditions générales d’un permis de travail.
  • Vivre et travailler dans une des 9 provinces ou des 3 territoires autres que le Québec.
  • Prouver une compétence intermédiaire en français à l’oral (expression et compréhension orales) : NCLC 5 ou plus. La lecture et l’écriture ne sont pas évaluées pour cette dispense.
  • Avoir une offre d’emploi dans n’importe quelle catégorie FÉER de la CNP, sauf les professions de l’agriculture primaire des catégories FÉER 4 et 5.

Attention aux vieux articles : avant le 15 juin 2023, il fallait le NCLC 7 et une profession FÉER 0 à 3. Ce n’est plus le cas. Le poste, lui, n’a pas à exiger le français au quotidien : la condition porte sur la capacité du travailleur, pas sur la langue de travail de l’équipe.

Le saviez-vous ?

Lancée en 2016, la Mobilité francophone a donné 1 900 permis de travail en 2019, prolongations comprises, et des volumes semblables en 2020 et 2021, avant son élargissement de juin 2023.

Source : IRCC, communiqué du 15 juin 2023

Le lieu de travail réel

Pour un poste en télétravail, itinérant ou réparti entre plusieurs provinces, décrivez précisément où les tâches seront faites et où la personne habitera. Un siège social hors du Québec ne suffit pas si le travail se fait en réalité au Québec. L’offre, le lieu déclaré et l’organisation réelle du travail doivent raconter la même histoire.

Nouvelle arrivante francophone qui discute avec son superviseur près d’éoliennes (illustration)

Prouver son français

IRCC accepte notamment :

  • les résultats d’expression et de compréhension orales du TEF ou du TCF ;
  • une confirmation écrite d’un collège ou d’une université pour un programme suivi en français (relevé de notes, attestation de fin d’études) ;
  • d’autres documents qui montrent des études en français.

Un diplômé d’un cégep ou d’une université francophone du Québec a donc souvent sa preuve en main, sans passer de test. La preuve se téléverse dans le champ « Renseignements sur le client » ; il n’y en a qu’un, d’où l’intérêt de réunir plusieurs documents en un seul fichier. Traduisez les pièces quand les instructions l’exigent.

Qui fait quoi, et dans quel ordre

ÉtapeQuiDétail
1. Offre d’emploi dans le Portail des employeursEmployeurCode de dispense d’EIMT C16 (Mobilité francophone)
2. Frais de conformitéEmployeur230 $
3. Numéro d’offre d’emploiEmployeur → travailleurUn numéro à 7 chiffres, indispensable à la demande
4. Demande de permis de travail lié à l’employeur, dispensé d’EIMTTravailleurEn ligne, avec la preuve de français et les frais de permis de travail

Avant l’étape 1, comparez les tâches réelles du poste avec la description de la CNP choisie, pas seulement le titre. Une offre dont les tâches, le code CNP et le lieu ne concordent pas attire les questions de l’agent. Erreur fréquente : demander au travailleur de déposer avant que l’offre soit soumise. Sans numéro d’offre, il n’y a pas de demande.

Les 230 $ de l’employeur sont distincts des frais que paie le travailleur pour son permis et, le cas échéant, pour sa biométrie. Après la soumission, l’employeur transmet au candidat le numéro d’offre et les renseignements dont il a besoin pour remplir sa demande : il vaut mieux que les deux relisent ensemble le titre du poste, le code CNP, le salaire et l’adresse du lieu de travail, pour que la demande du travailleur reprenne exactement l’offre.

La demande du travailleur

Avec le numéro d’offre, le travailleur dépose sa demande selon sa situation. Selon le dossier, il prépare :

  • le passeport ;
  • le numéro d’offre et les renseignements sur le poste ;
  • la preuve de français oral ;
  • les formulaires et pièces de sa liste personnalisée ;
  • la preuve de son statut actuel, s’il dépose depuis le Canada ;
  • les données biométriques, si IRCC les demande (voir la biométrie).

L’examen médical ou les certificats de police dépendent du profil. Les délais varient selon le lieu de dépôt : consultez l’outil d’IRCC avant de fixer une date d’entrée en poste.

Travailleuse de la santé francophone qui accueille un patient dans une petite clinique rurale (illustration)

Le cas fréquent : je vis à Montréal

La Mobilité francophone ne sert pas pour un emploi à Montréal : elle vise les emplois hors du Québec. Pour un poste au Québec, l’employeur passe en général par une EIMT ou par une autre dispense : voir EIMT ou dispense d’EIMT. En revanche, un Montréalais à qui on offre un poste à Ottawa ou à Moncton peut regarder cette voie, et un PVTiste dont le permis se termine aussi : voir les options après le PVT.

Exemple : Inès, diplômée d’une université montréalaise francophone, reçoit une offre d’un hôpital de Moncton pour un poste de commis administrative. Elle vérifie d’abord trois choses : le poste est bien au Nouveau-Brunswick, la profession n’est pas exclue, et son relevé de notes d’un programme suivi en français peut servir de preuve orale. L’hôpital inscrit ensuite l’offre sous le code C16, paie les frais et lui transmet le numéro. Inès dépose alors sa demande, et ne commence à Moncton qu’avec son nouveau permis, en gardant en tête que son statut actuel doit rester valide pendant l’attente.

Une infirmière et une gestionnaire relisent des papiers dans une clinique de santé communautaire (illustration)

La famille

Le permis ne couvre que vous. Votre conjoint et vos enfants ont besoin de leur propre statut. Le permis ouvert du conjoint dépend des règles générales sur la famille, notamment de votre profession : voir le permis ouvert pour conjoint.

Profession réglementée ?

Le permis de travail et le droit d’exercer une profession réglementée sont deux choses distinctes. En santé, en enseignement ou dans certains métiers, l’ordre ou l’organisme de la province peut exiger une inscription ou une évaluation avant que vous puissiez exercer. Renseignez-vous auprès de lui avant d’accepter l’offre.

Le titre du poste ne suffit pas à conclure que vous pourrez exercer dès l’arrivée. Identifiez l’organisme qui encadre la profession dans la province visée, demandez ses délais, et prévoyez-les dans votre calendrier : un permis délivré pour un poste que vous n’avez pas encore le droit d’occuper ne vous servira pas.

Les erreurs fréquentes

  • Se fier à un vieil article qui exige le NCLC 7 ou une profession FÉER 0 à 3.
  • Croire que le siège social décide, alors que c’est le lieu réel du travail.
  • Déposer la demande de permis avant que l’offre soit soumise.
  • Choisir un code CNP sur le titre plutôt que sur les tâches réelles.
  • Commencer le nouvel emploi avant d’avoir le permis qui l’autorise.
  • Supposer que le conjoint pourra travailler sans vérifier ses propres critères.

Et après ?

C’est un permis temporaire, lié à un employeur : changer d’employeur veut dire nouvelle offre, nouveau code C16, nouvelle demande, avant de commencer le nouveau poste. Une prolongation se vérifie aussi selon les critères du moment : ce n’est pas une simple reconduction.

Pour la suite, l’expérience qualifiée acquise hors du Québec peut compter pour la catégorie de l’expérience canadienne, et le français peut ajouter des points au SCG : voir le français dans votre profil Entrée express. La résidence permanente reste une demande à part. Notre page Mobilité francophone présente le service, côté employeur et côté travailleur, et notre page employeurs les autres voies de recrutement.

Pour vérifier si votre poste et votre niveau de français conviennent, vous pouvez décrire votre situation ou réserver une consultation.

Employeur qui accueille un travailleur francophone à une petite gare au crépuscule (illustration)

Questions fréquentes

Faut-il être citoyen d’un pays francophone ?

Non. Les conditions d’IRCC portent sur votre français, l’emploi et son lieu, pas sur votre citoyenneté.

Faut-il passer le TEF ou le TCF ?

Pas forcément : des études faites en français peuvent suffire comme preuve. Le test reste une option claire si vous n’avez pas de diplôme en français.

Je vis au Québec et je télétravaille pour une entreprise de l’Ouest. Est-ce admissible ?

L’adresse de l’entreprise ne tranche pas : c’est le lieu où le travail se fait réellement. Si vous travaillez depuis le Québec, cette dispense ne convient pas.

Un emploi dans une ferme est-il admissible ?

Pas s’il s’agit d’une profession de l’agriculture primaire des catégories FÉER 4 ou 5 : elles sont exclues de cette dispense.

Peut-on demander ce permis depuis le Canada ?

Cela dépend de votre statut actuel. Vérifiez les instructions qui correspondent à votre situation avant de choisir où déposer.

Combien de temps faut-il ?

Cela dépend de l’endroit d’où vous présentez la demande. Consultez l’outil des délais de traitement d’IRCC pour les permis de travail.

Ce permis mène-t-il automatiquement à la résidence permanente ?

Non. C’est un permis temporaire. La résidence permanente demande une démarche distincte, dans un programme dont vous remplissez les critères au moment du dépôt.

Conclusion

La Mobilité francophone convient quand un employeur offre un emploi admissible hors du Québec et que le travailleur atteint le NCLC 5 à l’oral. Elle exige tout de même une offre inscrite par l’employeur sous le code C16, les frais de conformité et une demande de permis complète. Confirmez d’abord le lieu réel du poste, la profession et la preuve de français, puis coordonnez l’offre et la demande, en suivant les règles d’IRCC à chaque étape.

Sources officielles

Pages officielles consultées le 17 octobre 2026 :

À propos de ce guide

Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).

Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.

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Ce guide explique les règles générales. Pour savoir ce qui s'applique à vous, parlez-en avec un consultant réglementé.