Travailler au Québec
Permis de travail lié à un employeur au Québec : ce qu'il autorise et ce qu'il interdit
Permis fermé, EIMT, CAQ, changement d'employeur et autorisation de travailler pendant le traitement : ce qu'un permis lié à un employeur permet au Québec.
Le permis de travail lié à un employeur au Québec autorise son titulaire à travailler selon les conditions inscrites sur le document, et non pour n’importe quelle entreprise ou dans n’importe quel poste. Pour savoir précisément ce qu’il permet, comparez ses conditions à l’offre d’emploi et au travail réellement effectué.
Ce que le permis autorise et ce qu’il encadre
Un permis lié à un employeur donné, souvent appelé permis de travail fermé, rattache l’autorisation de travailler à l’employeur désigné. Il ne s’agit pas d’une autorisation générale permettant d’occuper librement différents emplois au Canada.
Lisez ensemble les conditions indiquées sur le permis : le nom de l’employeur, la profession ou les tâches autorisées, le lieu de travail et la période de validité. Ces éléments précisent les limites de l’autorisation et doivent être examinés comme un tout.
Comparez ensuite le document à l’offre d’emploi et au poste que vous occupez réellement. Un changement important d’employeur, d’établissement ou de tâches peut toucher les conditions de votre permis et nécessiter une nouvelle autorisation.
Le permis ne constitue pas une autorisation générale de travailler hors des conditions qu’il énonce. Pour comprendre les grandes catégories de permis et les démarches fédérales, consultez notre page sur les permis de travail et les pages officielles d’IRCC.
En cas de doute sur l’interprétation d’une condition, ne vous fiez pas uniquement au titre du poste ou au nom de l’entreprise. Vérifiez le libellé du permis et les instructions d’IRCC applicables à votre situation.
Permis lié à un employeur ou permis ouvert : quelle différence ?
Le permis lié à un employeur limite le travail aux conditions qu’il énonce. Un permis ouvert permet de travailler pour n’importe quel employeur, sauf ceux de la liste des employeurs non conformes et certaines entreprises exclues.
Un permis ouvert n’est pas accessible à chaque travailleur étranger temporaire. L’admissibilité dépend d’une catégorie prévue par IRCC et des circonstances personnelles du demandeur : voir qui a droit à un permis ouvert.
Le conjoint d’un titulaire de permis lié à un employeur n’obtient pas automatiquement le droit de travailler. Le conjoint doit satisfaire aux critères qui s’appliquent à sa propre demande de permis ouvert.
IRCC peut modifier les catégories admissibles et les restrictions applicables. Consultez ses pages officielles sur le permis de travail ouvert et le permis lié à un employeur pour les règles en vigueur au moment de votre démarche.
Au Québec, distinguer l’EIMT, le CAQ et le permis de travail
L’EIMT, le CAQ et le permis de travail remplissent des fonctions différentes. L’EIMT évalue certains aspects de l’embauche d’un travailleur étranger, le CAQ correspond à une exigence québécoise applicable à certaines situations, et le permis fédéral autorise le travail.
Pour de nombreux emplois au Québec, l’employeur et le travailleur doivent suivre des démarches liées à l’EIMT et au CAQ. D’autres parcours sont dispensés d’EIMT ; selon IRCC, un travailleur embauché par le Programme de mobilité internationale n’a alors pas besoin de CAQ, mais il lui faut toujours le permis de travail. Voir EIMT ou dispense d’EIMT.
Une EIMT favorable ou un CAQ ne constitue pas, à lui seul, l’autorisation fédérale de commencer à travailler. Le travailleur doit détenir le permis requis et respecter les conditions qu’il prévoit.
Les démarches peuvent varier selon le poste, le programme applicable et les caractéristiques de l’embauche. Pour approfondir le rôle de l’EIMT au Québec, consultez notre page sur l’EIMT et les démarches québécoises.
Pour une demande liée à une EIMT, vérifiez aussi que l’offre, le recrutement, le salaire et les conditions de travail répondent aux exigences applicables. Selon EDSC, jusqu’au 31 décembre 2026, certaines demandes d’EIMT pour des postes à bas salaire dans les régions de Montréal et de Laval ne sont pas traitées, sous réserve d’exceptions. Demandez à l’employeur quelle voie il utilise et vérifiez que le lieu, le poste et les documents québécois correspondent à cette voie avant de préparer votre demande.
Avant de commencer ou de prolonger un emploi
Avant votre premier jour de travail, rapprochez le permis délivré de l’offre d’emploi et des renseignements présentés dans la demande. Le nom de l’employeur, le poste, les tâches et le lieu doivent correspondre à l’autorisation obtenue.
Ne confondez pas les documents préparatoires avec le droit de travailler. Une offre d’emploi, une EIMT ou un CAQ ne remplace pas le permis fédéral requis.
Avant de poursuivre votre emploi pendant le traitement d’une demande, vérifiez les règles applicables à votre situation ; le dépôt ne vous autorise pas automatiquement à changer d’employeur ou de poste.
Nous préparons la demande de permis de travail et planifions la suite, notamment une prolongation, un permis postdiplôme ou une demande de résidence permanente (voir notre page sur les permis de travail).
Avant d’envoyer une demande, réunissez les documents qui permettent de retracer votre parcours et les conditions de l’emploi : permis actuel, offre, correspondance avec l’employeur et communications reçues des autorités. Ces pièces facilitent la comparaison entre le travail proposé et l’autorisation demandée.
Documents à réunir et demande d’autorisation provisoire
Pour un changement d’employeur, rassemblez les pièces correspondant à la voie applicable :
- votre passeport et votre permis actuel ;
- l’offre ou le contrat écrit précisant l’identité de l’employeur, le poste, les tâches, le lieu de travail et les conditions d’emploi ;
- la décision d’EIMT et le CAQ, ou les justificatifs de dispense et le numéro d’offre d’emploi, selon le cas ;
- la preuve de dépôt de la nouvelle demande et les communications reçues des autorités.
Après avoir déposé au Canada la demande de permis liée au nouvel employeur, IRCC prévoit que vous pouvez lui demander, par son formulaire Web, l’autorisation de travailler pour ce nouvel employeur pendant le traitement. IRCC indique répondre en 10 à 15 jours environ. Attendez le courriel d’autorisation avant de commencer : le dépôt de la demande ne suffit pas, et ce courriel n’est pas un permis de travail. Les instructions sont sur la page d’IRCC sur la prolongation ou la modification d’un permis de travail.
Changement d’employeur, de poste ou de lieu de travail
Un changement d’employeur nécessite généralement une nouvelle autorisation liée au nouvel employeur. Ne commencez pas le nouvel emploi simplement parce qu’une demande de permis a été déposée.
Si vous restez chez le même employeur, vérifiez tout de même les nouvelles tâches et le nouveau lieu par rapport aux conditions du permis. Une modification ne déclenche pas toujours la même démarche, mais le fait de conserver le même employeur ne suffit pas à établir que le changement est autorisé.
Si votre emploi prend fin, vous pouvez chercher un autre employeur, mais votre permis actuel ne couvre pas le nouvel emploi. Avant de reprendre le travail, suivez la démarche d’autorisation applicable et consultez les instructions d’IRCC sur le changement d’employeur.
Pour éviter une interruption ou un travail non autorisé, conservez les échanges écrits avec l’employeur et les autorités. Demandez une clarification lorsque le poste, le lieu ou les tâches proposés ne correspondent pas clairement au permis.
Droits du travailleur et obligations de l’employeur
Un permis lié à un employeur ne vous oblige pas à rester dans votre emploi. Vous pouvez quitter votre poste ; toutefois, le droit de démissionner et l’autorisation de travailler ailleurs sont deux questions distinctes.
Le permis encadre l’autorisation d’immigration, mais il n’efface pas les protections du travail. Si l’employeur ne respecte pas les conditions convenues ou exerce des pressions, conservez les contrats, les talons de paie, les messages et toute pièce pertinente.
Au Québec, la CNESST peut renseigner les travailleurs sur les normes du travail et la santé et la sécurité, et recevoir une plainte lorsqu’une situation relève de sa compétence. Pour un problème lié au Programme des travailleurs étrangers temporaires ou à la conduite de l’employeur dans ce programme, utilisez les mécanismes de signalement fédéraux de Service Canada ou d’IRCC. Si votre passeport ou vos documents sont retenus, demandez rapidement de l’aide. Un signalement ne modifie pas, à lui seul, les conditions de votre permis. IRCC prévoit aussi un permis ouvert pour certaines victimes de mauvais traitements au travail.
Avant de payer des frais liés au recrutement, vérifiez les règles officielles fédérales et québécoises qui s’appliquent à votre situation.
Une consultation en ligne peut aider à déterminer quel permis correspond à votre situation et dans quel ordre entreprendre les démarches. Cette analyse peut aussi clarifier les options à considérer lorsque l’emploi ou les conditions de travail changent.
Les erreurs fréquentes
- Prendre le permis pour une interdiction de démissionner. Vous pouvez quitter un emploi, mais cela ne vous donne pas automatiquement le droit de travailler pour un autre employeur.
- Se fier au seul nom de l’employeur. Le poste, les tâches et le lieu de travail peuvent aussi limiter l’autorisation.
- Confondre l’EIMT, le CAQ et le permis. Ces documents n’ont pas la même fonction.
- Commencer un nouvel emploi pendant le traitement d’une demande. Le dépôt seul ne suffit pas ; il faut l’autorisation applicable, y compris le courriel d’autorisation d’IRCC lorsque cette voie est utilisée.
- Payer des frais sans en vérifier la nature. Demandez à quoi ils correspondent et consultez les règles applicables avant de les acquitter.
Voir aussi : décrivez votre situation, les permis de travail, l’EIMT au Québec, l’immigration pour employeurs, le permis de travail postdiplôme, le PSTQ.
Conclusion
Le permis de travail lié à un employeur au Québec autorise un emploi dans les limites précises de ses conditions. Vérifiez l’employeur, le poste, le lieu et la validité du document, puis obtenez l’autorisation appropriée avant tout changement qui pourrait modifier le travail permis.
Questions fréquentes
Quelle est la nouvelle règle concernant le permis de travail fermé au Canada ?
Aucune règle générale ne transforme automatiquement un permis lié à un employeur en permis ouvert : les conditions inscrites restent applicables jusqu’à l’obtention d’une nouvelle autorisation. Les changements récents ont notamment touché l’admissibilité de certains membres de la famille aux permis ouverts ; ils ne donnent pas au titulaire d’un permis lié le droit de changer d’employeur.
Combien de temps un permis de travail lié à un employeur est-il valide ?
Il n’existe pas de durée uniforme : la date d’expiration inscrite sur le permis fait foi. Elle dépend de l’autorisation obtenue et peut être limitée par la validité du passeport.
Qui doit payer les frais liés au recrutement d’un travailleur étranger temporaire ?
Avant tout paiement, demandez une description écrite de chaque frais et vérifiez à qui il incombe selon les règles applicables.
Le conjoint d’un titulaire de permis lié à un employeur peut-il obtenir un permis de travail ouvert ?
C’est possible dans certains cas, selon le permis du titulaire principal et la situation du conjoint. Réunissez ces renseignements avant de vérifier les critères d’IRCC pour les membres de la famille de travailleurs étrangers.
Le permis peut-il expirer avant la fin du contrat ?
Oui. Comparez la date d’expiration du permis aux dates inscrites dans les documents liés à l’emploi, et préparez une prolongation à temps si l’emploi continue.
Pour examiner votre situation et planifier les prochaines étapes, réservez une consultation avec notre cabinet de consultation en immigration réglementé à Montréal.
Sources officielles
Pages officielles consultées le 11 octobre 2026 :
- IRCC — Changing jobs or employers (anglais)
- IRCC — Extend or change the conditions on your work permit (anglais)
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À propos de ce guide
Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).
Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.
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