Travailler au Canada
Permis de travail : fermé, ouvert, ou aucun permis ?
Avant de remplir un formulaire, une seule question compte : quelle autorisation votre situation permet réellement. La réponse change le délai, le coût et parfois la faisabilité du projet.
Vous souhaitez travailler au Canada, embaucher une personne de l'étranger ou prolonger un permis existant ? La démarche dépend d'abord de votre admissibilité : certaines activités se font sans permis, d'autres exigent un permis lié à un employeur, et le permis ouvert est réservé à des catégories précises.
Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal, vous accompagne pour clarifier les options, préparer la demande et coordonner les démarches fédérales et québécoises. Les règles et les frais changent : vérifiez les critères officiels au moment de présenter la demande.
Trois situations, pas une seule
1. Certains emplois n'exigent aucun permis
La loi prévoit des exceptions : visiteurs d'affaires, personnel diplomatique, membres d'équipage, artistes de spectacle, athlètes et quelques autres catégories. Chaque exception a ses propres conditions ; le nom donné à un déplacement ne suffit pas. Le visiteur d'affaires, par exemple, vient rencontrer des clients ou visiter un site pour le compte de son employeur à l'étranger : sa source de revenu et son lieu d'affaires principal doivent rester hors du Canada.
Attention : même sans permis de travail, il faut le bon document d'entrée, visa de visiteur ou AVE. Et dès que vous effectuez des tâches de production, de gestion ou de nature technique, l'exception ne tient plus. Travailler sans autorisation a des conséquences durables sur votre dossier.
Voir la page d'IRCC « Qui peut travailler sans permis de travail ».
2. Le permis fermé, lié à un employeur
Il vous autorise à travailler pour un seul employeur, à un poste et souvent à un lieu précis, selon les conditions inscrites sur le permis. Il exige une offre d'emploi, puis l'une de ces deux voies :
- Avec EIMT (Programme des travailleurs étrangers temporaires) : l'employeur obtient une étude d'impact sur le marché du travail favorable avant que vous puissiez demander le permis.
- Sans EIMT (Programme de mobilité internationale) : une dispense s'applique, par exemple un transfert intra-entreprise, un accord commercial ou la mobilité francophone pour un emploi hors Québec. L'employeur dépose alors l'offre d'emploi dans le portail des employeurs et paie, dans la plupart des cas, des frais de conformité de 230 $.
Une dispense n'est pas automatique parce que l'employeur veut recruter vite : le poste et la personne doivent répondre aux critères de la catégorie invoquée. Vérifier l'existence d'une dispense avant de lancer une EIMT est souvent ce qui fait gagner le plus de temps. Voir notre guide de l'EIMT au Québec et notre article EIMT ou dispense d'EIMT ; les entreprises trouveront aussi notre page pour les employeurs.
3. Le permis ouvert, sans employeur désigné
Il vous laisse travailler pour presque n'importe quel employeur au Canada, sous réserve des conditions inscrites sur le permis. Il ne se demande pas librement : il faut appartenir à une catégorie précise, notamment :
- les diplômés admissibles au permis de travail postdiplôme ;
- certains conjoints de travailleurs étrangers ou d'étudiants, selon des critères précis ;
- les participants admissibles à Expérience internationale Canada (vacances-travail) ;
- certaines personnes en attente d'une décision de résidence permanente (permis de travail ouvert transitoire) ;
- certaines personnes protégées, demandeurs d'asile ou travailleurs vulnérables.
Des frais additionnels de 100 $ s'appliquent au titulaire d'un permis ouvert. Voir la page d'IRCC sur le permis de travail ouvert et notre article qui peut demander un permis ouvert.
Le permis ouvert du conjoint : les règles ont changé
Depuis le 21 janvier 2025, l'accès est beaucoup plus étroit qu'avant :
- Conjoint d'un travailleur : le travailleur doit occuper un emploi de catégorie FÉER 0 ou 1, ou l'une des professions retenues en FÉER 2 ou 3 (soins infirmiers, métiers de la construction, techniciens, etc.), et il doit rester au moins 16 mois de validité à son permis au moment de la demande.
- Conjoint d'un étudiant : l'étudiant doit être inscrit à une maîtrise d'au moins 16 mois, à un doctorat, à certains programmes professionnels universitaires ou à certains programmes désignés par IRCC (voir notre page sur le permis d'études).
- Enfants à charge : ils ne sont plus admissibles au permis ouvert familial, sauf exceptions.
- Demande de résidence permanente en cours : d'autres règles s'appliquent, avec un seuil de 6 mois de validité restante.
- Québec : depuis le 5 juin 2026, le conjoint d'un travailleur temporaire qui a présenté une demande de sélection permanente au PSTQ peut être admissible.
Les critères détaillés sont sur la page d'IRCC sur les permis de travail ouverts pour les membres de la famille de travailleurs étrangers. Voir aussi notre article permis ouvert du conjoint : critères et limites.
Où présenter la demande
- De l'étranger : la voie habituelle, avec les délais du bureau des visas responsable.
- Depuis le Canada : possible si vous y détenez déjà un statut valide, par exemple comme travailleur, étudiant ou, dans certains cas, visiteur.
- À un point d'entrée : réservé à certaines nationalités et à certaines dispenses. Se présenter à la frontière sans y être admissible mène au refus d'entrée.
Au Québec, une étape de plus
Pour un poste au Québec, l'EIMT est traitée conjointement par Service Canada et le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI), en français, et un CAQ pour travailleurs s'ajoute. IRCC précise qu'un travailleur embauché par le Programme de mobilité internationale (sans EIMT) n'a pas besoin de CAQ. Certains employeurs peuvent recourir au traitement simplifié pour des professions admissibles, et des restrictions liées au salaire, au secteur et à la région peuvent s'appliquer.
À partir du 17 décembre 2028, un travailleur qui demande un CAQ après trois ans de travail au Québec devra démontrer une connaissance du français de niveau 4 à l'oral, sauf exceptions (notamment les travailleurs agricoles). Tout est détaillé dans notre guide de l'EIMT au Québec et sur la page d'EDSC pour embaucher des travailleurs étrangers temporaires au Québec.
Les documents à préparer
La liste varie selon le type de permis, le lieu de la demande et les antécédents de la personne. Une demande peut nécessiter :
- un passeport valide et, au besoin, les documents d'entrée requis ;
- les formulaires et renseignements demandés par IRCC ;
- une offre d'emploi ou un contrat indiquant les tâches, le salaire, le lieu et la durée ;
- la décision d'EIMT et le CAQ, si le poste les exige ;
- pour une dispense, le numéro d'offre d'emploi transmis par l'employeur et la preuve de la catégorie invoquée ;
- les preuves de qualifications, d'expérience ou d'autorisation professionnelle si le poste l'exige ;
- pour un permis ouvert, les documents qui démontrent l'admissibilité à la catégorie ;
- les certificats de police, l'examen médical, les données biométriques ou les traductions demandés.
Un document manquant, incohérent ou déposé dans la mauvaise catégorie peut entraîner une décision défavorable. Avant d'accepter une offre, voyez notre article sur les vérifications à faire devant une offre d'emploi au Québec.
Prolonger son permis et conserver son statut
Si IRCC reçoit votre demande de prolongation avant la date d'expiration, vous conservez votre statut et vous pouvez continuer à travailler aux mêmes conditions, en demeurant au Canada, jusqu'à la décision. Avec un permis fermé, cela veut dire le même employeur et le même poste. Une demande en préparation, mais pas encore déposée, ne protège rien.
Si le permis expire sans demande déposée, la situation devient beaucoup plus fragile : il faut cesser de travailler et vérifier rapidement si le rétablissement du statut dans les 90 jours est possible. Voir la page d'IRCC sur la prolongation ou la modification d'un permis.
Changer d'employeur avec un permis fermé
Un permis fermé n'autorise pas à commencer chez un nouvel employeur. Selon le poste, le nouvel employeur doit obtenir une EIMT ou démontrer qu'une dispense s'applique, puis le travailleur présente une nouvelle demande de permis. Commencer avant l'autorisation constitue un travail non autorisé. Notre article sur le permis lié à un employeur explique les démarches.
Les frais fédéraux
- Permis de travail, y compris une prolongation : 155 $ par personne
- Titulaire d'un permis de travail ouvert : 100 $ de plus
- Données biométriques : 85 $ par personne, maximum 170 $ pour une famille
- Frais de conformité payés par l'employeur dispensé d'EIMT : 230 $
Ces frais sont ceux d'IRCC au moment d'écrire ces lignes. Ils ne comprennent ni l'EIMT, payée par l'employeur, ni les frais du Québec. Vérifiez le barème officiel avant de payer.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Confondre visite d'affaires et emploi au Canada. Ce sont les activités réellement exercées qui comptent.
- Lancer une EIMT sans vérifier les dispenses. Une catégorie du Programme de mobilité internationale peut convenir, si le poste et la personne en remplissent les critères.
- Supposer que tous les conjoints ont droit au permis ouvert. Les règles ont changé en janvier 2025.
- Déposer une prolongation trop tard. Le statut maintenu dépend du dépôt avant l'expiration.
- Changer d'employeur avant d'être autorisé. Un permis fermé ne donne pas accès à un autre poste.
- Oublier l'étape québécoise. Avec une EIMT, le CAQ s'ajoute aux démarches fédérales.
Du permis de travail à la résidence permanente
Un permis temporaire ne donne pas la résidence permanente, mais l'expérience acquise peut compter pour un programme d'immigration : au Québec, le PEQ et le PSTQ ; ailleurs, l'Entrée express. Une personne qui a déjà présenté une demande de résidence permanente peut, dans certaines catégories, obtenir un permis de travail ouvert transitoire. En 2026, certains travailleurs du Québec qui ont présenté une demande au PSTQ peuvent aussi obtenir un permis de 12 mois.
Ce que nous faisons pour vous
- Déterminer si votre situation exige un permis, et lequel : fermé, ouvert, ou aucun
- Chercher une dispense d'EIMT avant d'engager votre employeur dans une démarche longue
- Vérifier l'admissibilité de votre conjoint au permis ouvert selon les règles en vigueur
- Coordonner l'EIMT, le CAQ et la demande de permis dans le bon ordre
- Préparer la demande et planifier la suite : prolongation, permis postdiplôme, résidence permanente
Pour faire le point, réservez une consultation en ligne d'une heure ou décrivez votre situation.
Questions fréquentes
Puis-je changer d'employeur avec un permis fermé ?
Pas librement : le permis fermé nomme l'employeur. Il faut obtenir un nouveau permis avant de commencer chez un autre employeur, ce qui suppose une nouvelle offre et, selon le cas, une nouvelle EIMT ou une dispense. Commencer à travailler avant l'autorisation constitue un travail non autorisé.
Mon permis expire bientôt. Puis-je continuer à travailler ?
Si IRCC reçoit votre demande de prolongation avant la date d'expiration, vous conservez votre statut et vous pouvez continuer à travailler aux mêmes conditions, en demeurant au Canada, jusqu'à la décision. Si le permis expire sans demande déposée, la situation devient beaucoup plus fragile et les options sont limitées dans le temps.
Un employeur doit-il toujours obtenir une EIMT ?
Non. Certains emplois relèvent d'une dispense du Programme de mobilité internationale. L'employeur dépose alors une offre dans le portail des employeurs et paie, dans la plupart des cas, les frais de conformité de 230 $.
Mon conjoint peut-il obtenir un permis de travail ouvert ?
Possiblement, selon votre catégorie d'emploi ou votre programme d'études et la durée restante de votre permis. Depuis le 21 janvier 2025, l'accès est beaucoup plus limité.
Faut-il un CAQ pour travailler au Québec ?
Oui pour un emploi obtenu avec une EIMT. Non, selon IRCC, pour un travailleur embauché par le Programme de mobilité internationale.
Puis-je travailler pendant le traitement de ma demande ?
Seulement si vous avez déjà une autorisation : par exemple une prolongation déposée avant l'expiration de votre permis, en restant au Canada, aux mêmes conditions. Une première demande en traitement n'autorise pas à travailler.
Sources officielles : IRCC, « Travailler au Canada », « Qui peut travailler sans permis de travail », « Permis de travail ouvert », « Permis de travail ouverts pour les membres de la famille de travailleurs étrangers » (12 juin 2026), « Prolonger ou modifier les conditions de votre permis de travail » et « Frais des demandes de citoyenneté et d'immigration » (2 juillet 2026) ; EDSC, « Embaucher des travailleurs étrangers temporaires au Québec » ; gouvernement du Québec, « Programme des travailleurs étrangers temporaires ». Consultées le 20 septembre et le 11 octobre 2026.
Nos guides sur ce sujet
Pour aller plus loin, avant de remplir un formulaire :
- Offre d'emploi au Québec : ce qu'il faut vérifier avant de demander un permis de travail
- Permis de travail ouvert : qui y a vraiment droit ?
- Permis de travail ouvert transitoire : continuer à travailler en attendant la résidence permanente
- Permis de travail lié à un employeur au Québec : ce qu'il autorise et ce qu'il interdit
- Permis de travail ouvert pour conjoint : les critères et leurs limites au Québec
- Rétablissement de statut au Canada après l'expiration d'un permis : conditions et démarches
La bonne voie avant la première démarche.
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