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Travailler au Québec

Recruter un travailleur étranger au Québec : articuler EIMT, CAQ et permis de travail

Double demande EIMT et CAQ, traitement simplifié, postes à bas salaire à Montréal et Laval : comment un employeur québécois choisit la bonne voie.

Mis à jour le 11 octobre 2026 · 11 min de lecture · Visa Canada Rouge

Pour recruter un travailleur étranger au Québec, l’employeur doit déterminer si le poste exige une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) et un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ), tandis que le travailleur doit obtenir le permis de travail approprié. La séquence dépend du poste, du lieu de travail et du statut du candidat : une autorisation ne remplace pas automatiquement les autres.

Une employeuse et un candidat étranger examinent une fiche de poste dans un atelier (illustration)

Comprendre le rôle de l’EIMT, du CAQ et du permis de travail

L’EIMT évalue une offre d’emploi et ses effets sur le marché du travail canadien. Elle permet notamment d’établir si l’employeur peut recruter un travailleur étranger pour le poste selon le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), mais elle ne constitue pas une autorisation de travailler.

Au Québec, le CAQ pour travail temporaire est une autorisation provinciale qui s’ajoute aux démarches fédérales lorsqu’il est requis pour l’emploi. Il n’est pas requis, par exemple, pour un travail de 30 jours ou moins. Et selon IRCC, un travailleur embauché par le Programme de mobilité internationale, sans EIMT, n’a pas besoin de CAQ.

Le permis de travail, délivré par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), détermine si le candidat peut occuper l’emploi et selon quelles conditions. Une EIMT favorable ou un CAQ obtenu ne permet donc pas, à lui seul, de commencer le travail.

En règle générale, l’employeur prépare les démarches relatives à l’offre d’emploi et transmet les documents qui lui incombent. Le travailleur présente sa demande de permis de travail à IRCC, avec les pièces exigées pour sa situation.

Pour distinguer l’évaluation de l’offre des autres autorisations, consultez notre page sur l’EIMT au Québec et ses démarches.

Déterminer si le poste exige une EIMT ou relève d’une dispense

Avant de lancer une procédure, examinez le statut actuel du candidat et les conditions de son permis. Un permis ouvert et un permis lié à un employeur désigné ne donnent pas la même marge de manœuvre pour accepter un poste ou changer d’emploi.

Évaluez ensuite le lieu où le travail sera réellement effectué, les fonctions et le programme pertinent. L’EIMT relève du PTET ; les dispenses s’inscrivent dans le Programme de mobilité internationale (PMI), qui regroupe des catégories définies par les règles fédérales. Voir EIMT ou dispense d’EIMT.

Un emploi au Québec ne suit pas nécessairement la même voie qu’un emploi dans une autre province. Certaines dispenses, comme la mobilité francophone, ne visent que des postes hors Québec ; vérifiez les critères propres à la voie envisagée.

Vérifiez aussi si le poste peut bénéficier du traitement simplifié québécois et si une restriction régionale ou sectorielle s’applique. Ces critères peuvent dépendre des fonctions, du salaire proposé, de l’emplacement et des règles en vigueur au moment du dépôt.

Nous vérifions avec vous le traitement simplifié et les dispenses d’EIMT avant de préparer les formulaires et les preuves (voir notre page EIMT).

Le traitement simplifié n’est pas une dispense d’EIMT : il vise les professions inscrites sur la liste québécoise en vigueur. Vérifiez que les tâches réelles correspondent au code de profession retenu et aux exigences du poste. Déterminez ensuite si la voie exige des preuves de recrutement. Lorsque l’EIMT et le CAQ sont requis, préparez les volets employeur et travailleur selon les instructions de dépôt conjoint ; après les décisions requises, le travailleur présente sa demande de permis à IRCC. Si le poste ne figure pas sur la liste applicable, vérifiez les exigences de la procédure ordinaire ou l’admissibilité éventuelle à une dispense.

Pour orienter l’analyse, suivez cette logique :

  • Vérifier le permis existant : le candidat est-il autorisé à travailler, et son permis permet-il d’occuper cet emploi auprès de cet employeur ?
  • Confirmer le lieu réel du travail : le poste est-il situé au Québec ou dans une autre province, et quelles règles s’appliquent à cet endroit ?
  • Examiner le poste et le programme : le PTET avec EIMT est-il requis, ou le candidat et l’emploi satisfont-ils aux conditions d’une dispense relevant du PMI ?
  • Vérifier les règles québécoises : un CAQ est-il nécessaire et le traitement simplifié ou une restriction s’applique-t-il ?
Un passeport, un formulaire d’EIMT, un CAQ et une demande de permis sur une table (illustration)

Préparer une offre d’emploi et les preuves de recrutement

Une demande cohérente commence par une offre précise. Décrivez les fonctions, les compétences nécessaires, le lieu de travail et les conditions proposées, puis assurez-vous que la description correspond aux formulaires et aux documents justificatifs.

L’employeur doit identifier le volet applicable, haut salaire ou bas salaire, selon les règles actuelles et les caractéristiques du poste. Les critères et les restrictions peuvent varier selon la région et le secteur.

Seuil salarial et restrictions territoriales

Comparez le salaire proposé au seuil courant du Québec, fondé sur le salaire médian horaire provincial, pour déterminer le volet. Selon EDSC, jusqu’au 31 décembre 2026, certaines demandes d’EIMT pour des postes à bas salaire dans les régions économiques de Montréal et de Laval ne sont pas traitées, avec des secteurs exemptés, notamment l’agriculture, la construction, la transformation alimentaire, les soins de santé et l’enseignement. Vérifiez le lieu réel de travail et le code de profession ; une exception vaut seulement si l’emploi relève de la catégorie prévue. Consignez ces critères au dossier avant le dépôt.

Préparez les preuves de recrutement local exigées par la voie retenue. Conservez les annonces, les dates de diffusion, les candidatures reçues et les raisons liées au poste qui expliquent pourquoi les personnes candidates n’ont pas été retenues, dans la mesure où ces éléments sont demandés.

Réunissez les documents pertinents des deux parties. Selon le dossier, l’employeur peut devoir préparer les renseignements sur l’entreprise, l’offre et le recrutement ; le travailleur peut devoir fournir son passeport, ses diplômes, ses attestations d’expérience, son statut au Canada et les documents demandés pour le permis.

Les exigences documentaires varient selon la demande et le profil du candidat. Consultez les listes officielles d’Emploi et Développement social Canada et les instructions du Québec avant de transmettre les formulaires, car les règles changent. Adaptez la liste de pièces à la voie retenue :

  • PTET avec recrutement ordinaire : conservez les annonces, leurs dates et canaux de diffusion, les candidatures reçues et les motifs liés aux exigences du poste pour les décisions de recrutement.
  • Traitement simplifié : vérifiez que la profession figure sur la liste en vigueur et que les tâches y correspondent ; les preuves d’efforts de recrutement ne sont pas exigées pour les professions admissibles, mais les autres conditions de l’EIMT restent à respecter.
  • Dispense relevant du PMI : documentez l’admissibilité du travailleur et de l’emploi ; dans la plupart des cas, l’employeur transmet une offre dans le Portail des employeurs et paie les frais de conformité de 230 $.

Par exemple, pour un poste d’entretien industriel, partez des tâches quotidiennes et des compétences demandées pour choisir le code de profession, plutôt que de vous fier au seul intitulé. Ce code permet ensuite de vérifier la liste du traitement simplifié ; s’il n’y figure pas, examinez les exigences de recrutement du PTET ou les critères d’une dispense du PMI.

Le saviez-vous ?

Trois secteurs à faible rémunération ont employé 45 % de tous les travailleurs étrangers temporaires en 2019, en forte hausse par rapport à 33 % en 2010.

Source : Statistique Canada, Travailleurs étrangers au Canada : répartition de l’emploi rémunéré selon le secteur (21 décembre 2023)

Suivre les étapes dans le bon ordre

Lorsque l’EIMT et le CAQ sont requis, pour un poste de plus de 30 jours consécutifs, l’employeur transmet sa demande simultanément à Service Canada et au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), en français, avec la demande de sélection temporaire du travailleur. Cela aide à garder les renseignements sur l’offre concordants entre les instances concernées.

Une fois les décisions requises concernant l’emploi et l’autorisation québécoise obtenues, le travailleur présente sa demande de permis de travail à IRCC. Il doit joindre les documents correspondant à sa situation et suivre les instructions applicables à sa demande.

Nous préparons les demandes d’EIMT et coordonnons le CAQ et le permis de travail : les démarches de l’employeur et celles du candidat, en français, dans une séquence cohérente.

Gardez à l’esprit ce que chaque décision établit : l’EIMT porte sur l’offre et le marché du travail, le CAQ répond aux exigences québécoises lorsqu’il est requis, et le permis de travail fixe les conditions auxquelles le candidat peut exercer l’emploi. Le travail ne doit commencer qu’une fois en possession d’un permis qui autorise effectivement le candidat à occuper le poste.

Avant le début de l’emploi, vérifiez le nom de l’employeur, le poste, le lieu de travail et toute autre condition inscrite au permis. Les démarches et les documents requis peuvent varier selon que le candidat se trouve à l’extérieur du Canada ou qu’il y présente une demande.

Les erreurs fréquentes

  • Confondre les autorisations : une EIMT favorable ou un CAQ ne remplace pas le permis de travail requis. Traiter ces étapes comme interchangeables peut entraîner un début d’emploi non autorisé.
  • Présumer qu’une seule procédure s’applique à tous : certains postes exigent une EIMT, tandis que d’autres peuvent relever d’une dispense. Il faut vérifier les critères propres à l’emploi et au candidat plutôt que choisir une voie par habitude.
  • Négliger la coordination des dossiers : lorsque les démarches fédérales et québécoises sont toutes deux nécessaires, l’offre, les preuves de recrutement et les formulaires doivent présenter des renseignements compatibles.
  • Se fier à des règles mémorisées : les seuils de salaire et les restrictions régionales ou sectorielles peuvent évoluer. Consultez les pages officielles au moment de préparer le dépôt.

Un dossier peut aussi être fragilisé par une description de poste trop vague, des pièces manquantes ou des preuves de recrutement qui ne répondent pas aux exigences de la voie choisie. Reprenez chaque renseignement d’une demande à l’autre pour repérer les incohérences avant la transmission.

Un travailleur étranger arrive dans une rue enneigée de Montréal, son dossier à la main (illustration)

Gérer un changement, un renouvellement ou une mise à jour des règles

Si l’employeur, le poste, le salaire ou le lieu de travail change après une approbation, évaluez l’effet de cette modification avant de l’appliquer. Elle peut toucher l’EIMT, le CAQ ou les conditions du permis de travail, et les autorisations obtenues pour l’emploi initial ne couvrent pas automatiquement le nouvel arrangement.

Pour un renouvellement, examinez le permis actuel, ses conditions et les démarches nécessaires avant son expiration. Le dépôt d’une demande de prolongation ne suffit pas à établir, à lui seul, que le travailleur peut poursuivre son emploi. Pour les travailleurs qui ont déposé une demande de sélection permanente au PSTQ, une mesure de 2026 peut faciliter cette étape : voir le permis de 12 mois.

Suivez les mises à jour officielles pendant la préparation d’une demande et avant un renouvellement. Une nouvelle règle ou restriction peut modifier la voie disponible, les documents à joindre ou l’admissibilité d’un poste.

En cas de changement important ou de situation incertaine, faites analyser les effets sur chaque autorisation plutôt que de présumer que les décisions antérieures s’appliquent encore. Cette vérification est particulièrement utile lorsque plusieurs conditions de l’offre changent en même temps.

Le saviez-vous ?

De 2010 à 2019, la proportion des titulaires de permis du Programme des travailleurs étrangers temporaires travaillant dans ces trois secteurs a diminué, passant de 23 % à 14 %.

Source : Statistique Canada (21 décembre 2023) — données historiques, pas un critère d’admissibilité.

Maintenir la conformité après l’embauche

Pendant l’emploi, l’employeur doit respecter les conditions de l’offre et du permis, notamment celles qui concernent l’employeur, les fonctions et le lieu de travail. Le salarié doit également respecter les conditions inscrites sur son permis.

Conservez les documents associés au recrutement et à l’emploi, puis suivez les obligations correspondant à la voie d’immigration utilisée. Une organisation claire facilite la réponse à une demande de renseignements, à une vérification ou à une inspection.

Nous aidons aussi les employeurs à mettre en place ce qu’il faut pour rester conformes après l’embauche (voir notre page employeurs). Réévaluez la situation avant de modifier les conditions d’emploi et gardez à jour le suivi des documents et des échéances liés au permis.

Une gestionnaire et une nouvelle recrue étrangère discutent de documents dans une serre (illustration)

Voir aussi : l’immigration pour employeurs, l’EIMT au Québec, les permis de travail, le PSTQ, le permis de travail postdiplôme.

Conclusion : planifier le recrutement avant l’arrivée au poste

Pour recruter un travailleur étranger au Québec et articuler EIMT, CAQ et permis de travail, il faut d’abord déterminer la voie applicable, préparer une offre documentée, coordonner les démarches fédérales et québécoises, puis attendre que le permis autorise effectivement l’emploi. Une vérification attentive des règles en vigueur et des conditions de chaque autorisation aide l’employeur à organiser le processus et à rester conforme après l’embauche.

Foire aux questions

Un travailleur titulaire d’un permis de travail ouvert a-t-il besoin d’une EIMT pour changer d’emploi ?

Non, pas nécessairement : un permis ouvert permet de travailler pour n’importe quel employeur, sauf les exceptions prévues par IRCC, sans EIMT propre à un employeur.

Un travailleur peut-il commencer à travailler dès que l’EIMT est approuvée ?

Non : l’EIMT porte sur l’offre d’emploi, tandis que le permis est l’autorisation qui permet au travailleur d’occuper le poste.

Que faire si le poste ou le lieu de travail change après l’approbation des demandes ?

Faites examiner la modification avant de l’appliquer : elle peut nécessiter une démarche distincte auprès des autorités.

Que doit vérifier un employeur avant le renouvellement du permis de travail d’un salarié ?

Avant le renouvellement, vérifiez la date d’expiration du permis, la voie utilisée (EIMT ou dispense) et les démarches indiquées par IRCC pour maintenir l’autorisation de travailler.

Pour examiner la séquence adaptée à votre embauche, réservez une consultation avec notre cabinet.

Sources officielles

Pages officielles consultées le 11 octobre 2026 :

À propos de ce guide

Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).

Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.

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