Parrainage familial
Parrainage d'un conjoint : qui peut parrainer, et qui peut être parrainé ?
Les conditions pour être répondant, les motifs qui empêchent de parrainer, et les catégories d'époux, de conjoint de fait et de partenaire conjugal.
Avant de remplir le moindre formulaire de parrainage, deux questions doivent recevoir un oui : pouvez-vous parrainer, et votre relation entre-t-elle dans une catégorie reconnue ? L’une ne garantit pas l’autre, et la personne parrainée doit elle-même être admissible. Au Québec, une étape provinciale s’ajoute au traitement fédéral. Voici comment tout vérifier, en couple, d’après les pages d’IRCC et du Québec consultées le 17 octobre 2026.
À retenir
- Le répondant doit avoir un statut admissible, remplir les conditions fédérales et signer un engagement envers la personne parrainée.
- Les catégories ne sont pas interchangeables : époux, conjoint de fait et partenaire conjugal ont chacun leurs critères.
- Un conjoint de fait a vécu avec le répondant pendant au moins 12 mois consécutifs.
- Le mariage ne suffit pas : la relation doit être authentique, et la personne parrainée admissible au Canada.
- Au Québec, il y a une étape auprès d’IRCC et une auprès du MII (anciennement MIFI).
- Une séparation ne met pas fin à l’engagement.
Côté répondant : pouvez-vous parrainer ?
Vous devez avoir au moins 18 ans et être citoyen canadien, Indien inscrit ou résident permanent, selon la page d’admissibilité d’IRCC. Un résident permanent doit vivre au Canada ; un citoyen qui vit à l’étranger doit démontrer qu’il reviendra s’établir au Canada quand son conjoint deviendra résident permanent.
Répondez honnêtement à ces questions. Un seul « oui » peut vous empêcher de parrainer :
- Avez-vous déjà une demande de parrainage en cours pour la même personne ?
- Êtes-vous incarcéré ?
- Recevez-vous de l’aide sociale pour une autre raison qu’une invalidité ?
- Avez-vous été déclaré coupable d’une infraction violente, d’une infraction contre un membre de la famille ayant causé des lésions corporelles, ou d’une infraction sexuelle, au Canada ou ailleurs ?
- Faites-vous l’objet d’une mesure de renvoi ?
- Avez-vous vous-même été parrainé comme époux ou conjoint, et êtes-vous devenu résident permanent il y a moins de cinq ans ?
- Avez-vous parrainé un ancien époux ou conjoint devenu résident permanent il y a moins de trois ans ?
La liste fédérale comprend aussi les retards de paiement d’une pension alimentaire ou d’un prêt à l’immigration, la faillite non libérée et un engagement de parrainage non respecté. IRCC précise que ces éléments-là ne s’appliquent pas à la personne qui parraine un conjoint qui vivra au Québec : c’est le Québec qui gère l’engagement. Vérifiez les règles des deux gouvernements.
Pour un époux ou un conjoint seul, aucun revenu minimal n’est exigé en général.
Le saviez-vous ?
Vous pourriez ne pas pouvoir parrainer un nouveau conjoint si moins de 3 ans se sont écoulés depuis que la personne que vous aviez parrainée a obtenu la résidence permanente.
Source : IRCC, admissibilité du répondant
Côté couple : votre relation est-elle reconnue ?
| Catégorie | Condition | Preuve centrale |
|---|---|---|
| Époux | Mariage légal, au moins 18 ans | Le certificat de mariage, puis la vie commune |
| Conjoint de fait | Au moins 12 mois consécutifs de vie commune, sans longues séparations | Bail commun, factures, courrier à la même adresse |
| Partenaire conjugal | Relation exclusive et d’interdépendance d’au moins un an, avec une personne à l’étranger qui ne peut pas vivre avec vous ni vous épouser pour des raisons juridiques, d’immigration, sociales, culturelles ou religieuses | L’histoire de la relation et la preuve des obstacles |
Attention aux mots : au sens de l’immigration, « conjoint de fait » veut dire au moins 12 mois de vie commune, pas une relation à distance avec des visites. Des fiançailles ou une fréquentation ne sont pas une catégorie. Et la catégorie de partenaire conjugal n’est pas un choix de commodité : les obstacles doivent être réels et documentés.
Dans tous les cas, la relation doit être authentique, la personne parrainée ne doit pas être interdite de territoire (santé, criminalité, fausse déclaration), et ses enfants à charge doivent être déclarés, même ceux qui ne l’accompagnent pas.
Une preuve de relation qui tient
Une bonne preuve raconte une histoire cohérente, avec des pièces qui concordent entre elles et avec les dates des formulaires.
- Vie commune : bail, factures, relevés, courrier aux deux noms à la même adresse, assurances, comptes communs.
- Couple qui vit séparé : historique des visites, billets, échanges réguliers, photos datées, soutien mutuel, témoignages de proches, avec une chronologie et l’explication des séparations.
- Partenaires conjugaux : en plus, la preuve des obstacles concrets au mariage ou à la vie commune.
Pour un mariage, le certificat ne suffit pas : l’agent veut comprendre comment la relation s’est construite, avant et après la cérémonie. Pour des conjoints de fait, ce sont les 12 mois de vie commune qu’il faut couvrir, sans trou. Pour des partenaires conjugaux, ajoutez la preuve concrète de ce qui vous empêche de vous marier ou de vivre ensemble. Dans tous les cas, les réponses aux formulaires, les dates de voyage et le récit du couple doivent raconter la même histoire.
Une collection de pièces sans contexte convainc moins qu’une chronologie claire. Une omission ou une contradiction peut compromettre le dossier et peser sur des demandes futures. Les documents qui ne sont ni en français ni en anglais se traduisent selon les instructions d’IRCC.
Les démarches, dans l’ordre
- Confirmer l’admissibilité : vérifier à part les critères du répondant, ceux de la personne parrainée et ceux de la relation.
- Réunir les pièces : formulaires, pièces d’identité et d’état civil, preuves de la relation classées par période ou par thème.
- Déposer la demande fédérale : suivre les instructions de la trousse d’IRCC et payer les frais en vigueur.
- Suivre l’examen : IRCC peut demander des renseignements, un examen médical ou des certificats de police.
- L’étape québécoise : si le répondant vit au Québec, la demande d’engagement au MII, après la lettre d’IRCC.
Le lieu de résidence de la personne parrainée change surtout la voie de traitement et sa situation pendant l’attente. Un conjoint à l’étranger suit la procédure de la catégorie familiale ; un conjoint déjà au Canada doit garder un statut temporaire valide s’il en a besoin pour rester, et peut, dans certains cas, demander un permis de travail ouvert pendant le traitement.
La personne parrainée doit aussi être admissible
Une relation reconnue ne règle pas les questions d’admissibilité de la personne parrainée. IRCC examine notamment les exigences médicales, les antécédents judiciaires et les autres motifs d’interdiction de territoire. Une ancienne condamnation, un problème de santé important ou une fausse déclaration passée doivent être examinés avant le dépôt, pas après un refus. Voir nos articles sur le casier judiciaire, les motifs sanitaires et la fausse déclaration.
La personne parrainée doit aussi déclarer tous les membres de sa famille selon les instructions, même ceux qui ne l’accompagnent pas au Canada. Un enfant non déclaré aujourd’hui peut ne plus pouvoir être parrainé plus tard : c’est l’une des omissions qui coûtent le plus cher.
Si vous vivez au Québec
Une étape s’ajoute : l’engagement envers le Québec, signé après la lettre d’admissibilité d’IRCC. Il dure trois ans à partir de l’obtention de la résidence permanente, et il continue même en cas de séparation ; une aide sociale reçue pendant cette période vous serait réclamée. Le Québec limite aussi le nombre de demandes d’engagement reçues jusqu’en juin 2028 et fixe un calendrier de dépôt selon la date de la lettre d’IRCC. Notre article sur les étapes et le plafond et celui sur ce que l’engagement implique détaillent cette étape.
Ce que le répondant signe
En signant l’engagement, le répondant s’oblige à subvenir aux besoins essentiels de la personne parrainée pendant la période prévue. Au fédéral comme au Québec, cette responsabilité est sérieuse : si la personne parrainée reçoit de l’aide sociale pendant cette période, le répondant peut devoir la rembourser.
Ces obligations ne dépendent pas de l’évolution de la relation. Une séparation, un divorce ou une baisse de revenus ne mettent pas fin à l’engagement ; il ne s’arrête pas parce que le couple cesse de vivre ensemble. Avant de signer, le répondant doit donc comprendre la durée, la portée et les conséquences financières de ce qu’il accepte, et se demander s’il pourrait l’assumer même si les choses tournent mal.
C’est aussi pour cela que les règles excluent certains répondants : celui qui n’a pas respecté un engagement antérieur, celui qui a lui-même été parrainé comme conjoint il y a moins de cinq ans, ou celui qui a parrainé un ancien conjoint devenu résident permanent il y a moins de trois ans. L’idée est la même : un engagement de parrainage n’est pas une formalité.
Le conjoint pendant le traitement
Un conjoint déjà au Canada doit garder un statut temporaire valide s’il en a besoin pour rester. IRCC prévoit un permis de travail ouvert pour certains conjoints parrainés, selon leur lieu de résidence et leur statut : c’est une demande à part, pas un droit automatique. Les délais varient selon la catégorie et le lieu : consultez l’outil d’IRCC.
Les erreurs fréquentes
- Se dire conjoints de fait sans avoir 12 mois de vie commune.
- Vérifier le répondant sans vérifier la relation, ou l’inverse.
- Oublier une interdiction de cinq ans ou un engagement passé.
- Oublier les enfants à charge de la personne parrainée.
- Envoyer des preuves sans chronologie.
- Signer l’engagement sans en mesurer la durée ni les conséquences en cas de séparation.
Notre page sur le parrainage d’un conjoint au Québec explique comment nous vérifions votre admissibilité, et notre page parrainage familial présente les autres catégories. Pour faire le point, vous pouvez décrire votre situation ou réserver une consultation.
Questions fréquentes
Nous vivons ensemble depuis dix mois. Pouvons-nous déposer comme conjoints de fait ?
Pas encore : il faut au moins 12 mois consécutifs de vie commune. Si vous êtes mariés, c’est la catégorie d’époux qui s’applique.
Je reçois de l’aide sociale pour une invalidité. Puis-je parrainer ?
L’aide sociale reçue pour une invalidité ne fait pas partie des motifs d’exclusion de la liste fédérale. Vérifiez toutefois les conditions de l’engagement du Québec pour votre situation.
Notre mariage a été célébré à l’étranger. Est-il accepté ?
Oui, s’il est légalement valide là où il a été célébré et reconnu pour l’immigration canadienne.
Mon divorce n’est pas encore prononcé. Puis-je parrainer comme époux ?
Un mariage contracté avant la fin du mariage précédent peut ne pas être valide. Faites vérifier votre situation avant de présenter un mariage comme base du dossier, et répondez exactement aux questions sur l’état civil.
Mon conjoint vit déjà au Canada. Comment le parrainer ?
Préparez la demande dans la catégorie qui correspond à votre relation, puis suivez les étapes fédérales et, si vous vivez au Québec, l’étape québécoise. Votre conjoint doit respecter les conditions de son statut temporaire pendant l’attente.
Les enfants de mon conjoint peuvent-ils être inclus ?
Un enfant à charge peut être inclus s’il remplit les critères. Tous les membres de la famille doivent être déclarés, même ceux qui ne viennent pas au Canada.
Une preuve importante est dans une autre langue. Que faire ?
Joignez la traduction exigée par les instructions d’IRCC, et gardez une correspondance nette entre l’original, la traduction et les formulaires.
La demande est refusée. Que faire ?
Lisez les motifs. Selon la catégorie, un appel peut être possible devant la Section d’appel de l’immigration : voir l’appel d’un refus de parrainage.
Sources officielles
Pages officielles consultées le 17 octobre 2026 :
- IRCC — Sponsor your spouse, partner or children: eligibility (anglais)
- Québec — Parrainer un membre de la famille
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À propos de ce guide
Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).
Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.
Votre situation est unique.
Ce guide explique les règles générales. Pour savoir ce qui s'applique à vous, parlez-en avec un consultant réglementé.