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Refus et cas complexes

Interdiction de territoire pour motifs sanitaires : ce qu'IRCC évalue vraiment

Les trois motifs sanitaires, le seuil de fardeau excessif de 2026, les personnes exemptées et la réponse à une lettre d'équité procédurale en 90 jours.

Mis à jour le 17 octobre 2026 · 9 min de lecture · Visa Canada Rouge

« J’ai une maladie chronique : vais-je être refusé ? » C’est une inquiétude fréquente, et souvent injustifiée. Une maladie ne rend pas automatiquement interdit de territoire au Canada. IRCC se pose des questions juridiques précises (un risque pour la santé ou la sécurité publiques, et parfois le poids sur les services de santé et sociaux), et un diagnostic seul n’y répond pas. Voici lesquelles, et ce qui fait la différence dans un dossier, d’après les pages d’IRCC consultées le 17 octobre 2026.

Médecin qui examine un demandeur dans une clinique lumineuse (illustration)

À retenir

QuestionRéponse en bref
Un diagnostic entraîne-t-il une interdiction ?Non. IRCC examine les effets attendus de l’état de santé au regard des motifs prévus par la loi.
Quels motifs ?Danger pour la santé publique, danger pour la sécurité publique, fardeau excessif pour les services de santé ou sociaux.
Sur quelle période ?Pour le fardeau excessif, les services dont la personne aura besoin au cours des 5 à 10 prochaines années.
Qui décide ?Le médecin désigné fait l’examen ; l’agent d’immigration décide de l’admissibilité.
Et si IRCC soulève une préoccupation ?Une lettre d’équité procédurale : 90 jours pour répondre, point par point, preuves à l’appui.
Le Québec change-t-il quelque chose ?Non. La sélection québécoise et l’admissibilité fédérale sont deux choses distinctes.

Les trois motifs d’interdiction

  • Le danger pour la santé publique : l’état de santé de la personne pourrait-il mettre en danger la santé de la population, par exemple une maladie infectieuse avec un risque réel de transmission ? L’agent regarde le diagnostic, la situation actuelle, le risque de transmission et les mesures nécessaires.
  • Le danger pour la sécurité publique : l’état de santé pourrait-il créer un risque pour les autres, comme une perte de conscience soudaine ou un comportement dangereux ? L’évolution prévisible et la capacité à fonctionner de façon sécuritaire comptent.
  • Le fardeau excessif pour les services de santé ou les services sociaux : le coût prévisible des services dont la personne aura besoin dépasse-t-il un seuil, ou nuirait-il à l’accès des autres aux soins ?

Les deux premiers motifs concernent les risques pour autrui. Le fardeau excessif est une évaluation à part, fondée sur les coûts et les services. Ce sont trois questions différentes, qui appellent des preuves différentes. Selon le centre d’aide d’IRCC, aucun problème de santé précis n’entraîne automatiquement une interdiction pour fardeau excessif : chaque demande est évaluée individuellement.

Comment l’agent regarde chaque motif

Pour la santé publique, l’agent s’intéresse aux conséquences possibles de l’état de santé sur la population : le diagnostic, la situation actuelle, le risque de transmission, les mesures nécessaires pour limiter ce risque. La question n’est pas seulement « la personne est-elle malade ? », mais « que disent les renseignements médicaux sur le risque, et sur ce qui est fait pour le maîtriser ? ». Un traitement en cours et bien suivi change souvent la réponse.

Pour la sécurité publique, l’agent regarde la nature de l’état de santé, son évolution prévisible et ses effets possibles sur le comportement ou la capacité à agir de façon sécuritaire. Une réponse utile s’appuie sur des renseignements cliniques récents qui décrivent la situation concrète de la personne, pas sur une étiquette médicale.

Pour le fardeau excessif, l’agent évalue les services de santé et les services sociaux dont la personne aura probablement besoin, leur coût, et leur effet possible sur l’accès des autres aux soins. C’est une évaluation prospective, fondée sur ce qui est raisonnablement prévisible, pas sur le pire scénario. Des exceptions existent pour certaines catégories, détaillées plus bas.

Le seuil du fardeau excessif

Pour 2026, IRCC fixe le seuil à 144 390 $ sur cinq ans, soit 28 878 $ par année. IRCC compare le coût prévisible des services dont la personne aura probablement besoin, au cours des 5 à 10 prochaines années, à ce montant, mis à jour régulièrement. Ne vous fiez pas au seuil d’une année antérieure.

Certaines personnes ne sont pas évaluées sous cet angle : les réfugiés et les personnes à leur charge, les personnes protégées, et certains membres de la famille parrainés, comme l’époux, le conjoint de fait et les enfants à charge. Cette exemption ne couvre pas les deux autres motifs, et les parents et grands-parents parrainés ne doivent pas présumer qu’elle s’applique à eux.

Une radiologiste examine une radiographie pulmonaire sur un négatoscope (illustration)

Qui fait quoi

Le médecin désigné par IRCC fait l’examen médical aux fins de l’immigration et transmet les résultats. Un médecin agréé d’IRCC examine les renseignements médicaux. C’est ensuite l’agent d’immigration qui décide de l’admissibilité. Un diagnostic dans les résultats de l’examen n’est donc pas une décision, et IRCC peut demander des examens ou des documents supplémentaires avant de conclure. Voir l’examen médical aux fins de l’immigration.

Le saviez-vous ?

IRCC gère un réseau de près de 3 000 médecins et radiologistes désignés, dans 170 pays, qui font les examens médicaux aux fins de l’immigration.

Source : IRCC, cahier de transition du ministre : migration et santé

Ce qui fait la différence : la preuve des soins prévus

Pour le fardeau excessif, la vraie question n’est pas le nom de la maladie, mais les soins raisonnablement prévisibles : la gravité, la stabilité, le pronostic, le traitement prévu et les services qui seront probablement nécessaires. Une personne dont la maladie est stable et bien contrôlée n’est pas dans la même situation qu’une personne qui aura besoin de soins spécialisés continus.

  • Des rapports récents des médecins traitants, qui décrivent la gravité, la stabilité, les traitements et les soins prévus.
  • Une explication claire si l’hypothèse d’IRCC sur les traitements futurs n’est pas médicalement fondée.
  • Au besoin, un plan de soins concret : quels services, où, comment ils seraient financés et suivis, appuyé par des documents. Une simple promesse ne remplace pas la preuve.

Trois exemples

Une maladie suivie régulièrement : nommer la condition ne suffit pas. Le dossier précise les soins attendus, leur fréquence et les services en cause, puis répond aux questions exactes d’IRCC.

Un risque pour la santé publique : la réponse explique la situation actuelle à partir d’informations médicales fiables, et les mesures de suivi si la lettre en parle.

Un état de santé qui a changé : des documents récents montrent l’évolution depuis l’examen et disent en quoi elle répond à la préoccupation.

Nouvel arrivant et clinicienne qui discutent d’un plan de soins à une table (illustration)

La lettre d’équité procédurale : 90 jours pour répondre

Avant une décision finale, IRCC envoie une lettre d’équité procédurale qui expose sa préoccupation et vous permet d’y répondre. Vous avez 90 jours à compter de la date de la lettre ; si vous avez besoin de plus de temps, il faut le demander à IRCC.

  1. Découpez la lettre en hypothèses distinctes : pronostic, traitement prévu, coûts, services.
  2. Répondez à chacune avec une preuve ciblée, idéalement l’avis d’un spécialiste qui traite l’hypothèse directement.
  3. Organisez la réponse pour que le lien entre chaque préoccupation et chaque pièce soit évident.

Notre article sur la réponse à une lettre d’équité procédurale propose une structure, et notre page sur l’interdiction de territoire explique comment nous préparons ces réponses.

Préparer une réponse solide

Si IRCC vous écrit au sujet d’une préoccupation médicale, commencez par relever exactement le motif soulevé et ce que l’agent demande. Selon le cas, les éléments utiles peuvent être :

  • des renseignements médicaux récents qui précisent le diagnostic et son évolution ;
  • une explication clinique des traitements ou du suivi prévus ;
  • des précisions sur les services de santé ou sociaux réellement en cause ;
  • pour le fardeau excessif, un plan d’atténuation concret : quels services, qui les fournira, comment ils seront payés, avec les pièces qui le rendent crédible.

Une simple déclaration d’intention ne remplace pas la preuve. Et un dossier volumineux sans lien explicite avec les questions d’IRCC aide peu : une lettre de réponse claire reprend chaque préoccupation, la pièce qui s’y rapporte et la conclusion qu’elle permet.

La famille compte aussi

IRCC peut exiger l’examen médical de membres de la famille, même de certains qui ne vous accompagneront pas. Dans certaines catégories, la situation d’un membre de la famille peut toucher toute la demande. Si vous vous établissez au Québec, l’admissibilité médicale fédérale et l’accès au régime d’assurance maladie du Québec sont deux questions distinctes, et le programme choisi (PSTQ, PEQ, parrainage, études, travail) ne change pas les motifs fédéraux.

Un demandeur relit des estimations de traitement et un plan de soins à la table de la cuisine (illustration)

Les erreurs fréquentes

  • Croire qu’un diagnostic entraîne automatiquement un refus.
  • Confondre les trois motifs.
  • Prendre les résultats de l’examen pour la décision.
  • Répondre à la lettre d’équité avec un paquet de dossiers non expliqués, ou après le délai.
  • Présenter un plan d’atténuation sans pièces qui le rendent crédible.
  • Supposer que l’exemption du parrainage vaut pour tous les proches.
  • Reprendre le seuil d’une année passée au lieu de celui en vigueur.
  • Laisser passer les 90 jours sans demander de prolongation.

Quel parcours est concerné ?

Une évaluation médicale ne remplace pas les autres critères du programme choisi. Études, travail, résidence permanente ou visite temporaire ont leurs propres démarches, et IRCC applique les règles d’admissibilité fédérales qui correspondent à la demande. L’examen médical n’est d’ailleurs pas exigé de tout le monde : il dépend notamment du type de demande, de la durée du séjour prévu, des pays où la personne a vécu et de l’emploi envisagé. Voir l’examen médical aux fins de l’immigration.

Pour une résidence permanente au Québec, la sélection par le Québec (CSQ) ne dit rien de l’admissibilité médicale : c’est l’étape fédérale qui la vérifie, pour le requérant et pour sa famille.

Après une décision défavorable

Lisez les motifs écrits : les faits retenus, les preuves examinées, les points restés sans réponse. Une nouvelle demande ne doit pas reprendre le même dossier sans répondre à ces motifs. Voyez si des renseignements médicaux nouveaux ou une réponse mieux documentée sont possibles avant de choisir la suite. Voir refus de visa et cas complexes ; pour faire le point, vous pouvez décrire votre situation ou réserver une consultation.

Questions fréquentes

Que vérifie l’examen médical aux fins de l’immigration ?

En général, les antécédents médicaux et un examen physique, avec des analyses ou des radiographies selon le cas. Les examens exacts dépendent de votre demande et des instructions d’IRCC.

Mon conjoint parrainé a une maladie chronique. Est-ce un obstacle ?

L’époux ou le conjoint parrainé n’est pas évalué pour le fardeau excessif. Il reste évalué pour les dangers pour la santé et la sécurité publiques.

Un visiteur doit-il toujours passer un examen médical ?

Non. IRCC l’exige seulement dans certaines situations, selon le séjour prévu et la situation de la personne.

Mon état de santé a changé après l’examen. Dois-je le signaler ?

Si le changement est important et pourrait toucher votre demande, informez IRCC par le canal prévu et gardez une trace de l’envoi.

Un spécialiste m’a remis un nouveau rapport après l’examen. Que faire ?

Transmettez-le par le canal de votre demande et dites ce qu’il ajoute. Si IRCC vous a déjà écrit, reliez le rapport aux questions précises de sa lettre.

Qui décide si l’examen médical est satisfaisant ?

L’agent d’immigration statue sur l’admissibilité ; le médecin désigné transmet les résultats et le médecin agréé d’IRCC les examine.

Le Québec peut-il écarter une décision médicale fédérale ?

Non. La sélection du Québec et l’admissibilité fédérale suivent des voies distinctes.

Sources officielles

Pages officielles consultées le 17 octobre 2026 :

À propos de ce guide

Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).

Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.

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