Étudier au Canada
Permis d'études : les conditions de 2026, sans mauvaise surprise.
Lettre d'attestation provinciale, preuve de fonds plus élevée, nombre de demandes plafonné : les règles ont changé. Un dossier monté selon les anciennes consignes se fait refuser.
Vous avez reçu une offre d'admission d'un établissement canadien ? Avant de déposer une demande de permis d'études, il faut vérifier si vous en avez besoin, quelles autorisations s'appliquent dans votre province et comment démontrer que votre projet est réalisable. Les exigences varient selon le programme, le lieu d'études et la situation de chaque membre de la famille.
Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration établi à Montréal, accompagne les étudiants dans la préparation de leur dossier. Au Québec, la démarche comprend généralement l'obtention du Certificat d'acceptation du Québec (CAQ) avant la demande fédérale. Les règles et les montants changent : vérifiez toujours les directives officielles au moment de présenter votre demande.
Avez-vous besoin d'un permis d'études ?
Pour la plupart des étudiants étrangers, oui : l'admission dans un établissement ne suffit pas. IRCC prévoit toutefois des exceptions, dont les principales : un programme de 6 mois ou moins, certains enfants mineurs (par exemple ceux dont un parent est citoyen canadien ou résident permanent), les membres de la famille ou du personnel d'un représentant étranger accrédité, et, au Québec, les résidents temporaires qui suivent des cours de français et d'intégration. La liste complète est sur la page d'IRCC « Qui peut étudier sans permis » ; vérifiez-la avant de vous inscrire en comptant sur une exemption.
Les conditions de base
IRCC examine le dossier dans son ensemble : l'admission, les ressources financières, la situation personnelle et la capacité de quitter le Canada à la fin du séjour autorisé, si vous n'obtenez pas un autre statut.
- Une lettre d'acceptation d'un établissement d'enseignement désigné (EED) pour le programme prévu ; vérifiez que l'établissement figure sur la liste officielle des EED.
- Une lettre d'attestation provinciale ou territoriale, ou le CAQ au Québec, pour la plupart des demandeurs.
- Les fonds nécessaires pour payer vos droits de scolarité, vos frais de subsistance et ceux des membres de votre famille qui vous accompagnent, ainsi que le transport.
- Une situation admissible : pas d'antécédents judiciaires (certificat de police si on vous le demande), et un examen médical si on vous le demande.
- Un projet temporaire crédible : convaincre l'agent que vous quitterez le Canada à la fin de votre séjour autorisé.
Pendant vos études, vous devez aussi progresser dans votre programme et respecter les conditions de votre permis. Les critères détaillés sont sur la page d'IRCC sur l'admissibilité au permis d'études.
La lettre d'attestation provinciale (LAP/LAT) ou le CAQ
Dans la plupart des cas, il faut joindre à la demande une lettre de la province ou du territoire où vous comptez étudier, qui confirme qu'une place vous est réservée dans son contingent. C'est votre établissement qui l'obtient et vous la transmet, et elle doit accompagner la demande dès le dépôt.
- Au Québec, c'est le CAQ qui remplace cette lettre. L'ordre habituel : l'admission, la demande de sélection temporaire pour études au ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI), puis le permis d'études. Voir notre page sur le CAQ pour études.
- Exemptions : préscolaire jusqu'à la 12e année, collèges militaires fédéraux, formations professionnelles du Québec (DEP, ASP, AEP) et, depuis le 1er janvier 2026, maîtrise et doctorat dans un établissement public.
- Validité : une lettre délivrée pour 2026 vaut jusqu'au 31 décembre 2026. Périmée, elle ne peut plus servir.
Le plafond, concrètement : pour 2026, le Canada n'accepte d'étudier que 309 670 demandes de personnes visées par la lettre d'attestation, réparties entre les provinces, qui distribuent ensuite leurs places aux établissements. Quand un établissement a épuisé ses places, il ne peut plus en délivrer pour la période. Déposer tôt n'est plus une précaution, c'est une stratégie.
Voir la page d'IRCC sur la lettre d'attestation provinciale ou territoriale.
La preuve de fonds
Pour les demandes présentées le 1er septembre 2026 ou après, hors Québec, il faut démontrer :
- 23 448 $ par année pour le demandeur seul
- 6 318 $ par année pour chaque membre de la famille qui l'accompagne
Ces montants s'ajoutent aux droits de scolarité et aux frais de transport. Pour le Québec, ce sont les montants du MIFI qui s'appliquent, au moment de la demande de CAQ. Les exigences fédérales sont sur la page d'IRCC sur la preuve de ressources financières.
Un relevé bancaire ne raconte pas toujours toute l'histoire : le dossier doit montrer d'où viennent les fonds, à qui ils appartiennent et s'ils seront accessibles pendant les études. Selon votre situation :
- des relevés bancaires récents montrant l'évolution du solde ;
- une preuve de paiement des droits de scolarité ou du logement, si c'est déjà payé ;
- une lettre de soutien financier et les preuves de revenus du répondant ;
- les documents d'une bourse, d'un prêt ou d'une autre source de financement ;
- des explications et des pièces pour tout dépôt important ou inhabituel.
Ce que l'agent regarde vraiment : pas seulement le solde, mais son origine et sa stabilité. Une somme apparue quelques jours avant la demande, sans explication, affaiblit le dossier plus qu'un montant modeste mais constant.
Les documents à réunir
La liste exacte dépend du pays de résidence, de votre situation familiale et des instructions de votre compte IRCC. Un dossier comprend généralement :
- un passeport valide et les pièces d'identité requises ;
- la lettre d'acceptation de l'EED ;
- la lettre d'attestation provinciale ou territoriale, ou le CAQ au Québec ;
- les preuves financières et les explications sur la provenance des fonds ;
- une lettre qui expose votre projet d'études ;
- les documents des membres de la famille qui vous accompagnent ;
- les traductions conformes, pour les pièces qui ne sont ni en français ni en anglais ;
- l'examen médical ou le certificat de police, si on vous les demande.
Pour le Québec, notre guide les étapes pour étudier au Québec reprend tout le parcours.
Le plan d'études et les refus fréquents
Le plan d'études explique le lien entre votre formation antérieure, le programme choisi et vos objectifs : pourquoi cet établissement, pourquoi ce programme, pourquoi le Canada, et comment les études s'inscrivent dans votre parcours. Il n'existe pas de texte type ; les explications doivent correspondre aux documents et à votre situation réelle.
Les difficultés les plus fréquentes :
- des fonds insuffisants, difficiles à retracer ou peu convaincants ;
- un projet d'études imprécis, ou un programme difficile à relier à la formation ou à l'expérience antérieure ;
- des doutes sur le départ du Canada à la fin du séjour autorisé ;
- l'absence de la lettre d'attestation ou du CAQ, ou une lettre qui ne correspond pas à la demande ;
- des omissions ou des incohérences entre les formulaires et les pièces ;
- un problème d'admissibilité médicale, criminelle ou de sécurité.
Après un refus, déposer à nouveau sans répondre aux préoccupations de l'agent mène souvent au même résultat. Voir notre page sur les refus de visa ou de permis.
Les frais fédéraux
- Permis d'études, y compris une prolongation : 150 $ par personne
- Données biométriques : 85 $ par personne, maximum 170 $ pour une famille
Au Québec, les frais du CAQ (135 $ en 2026) s'ajoutent. Vérifiez les montants dans le barème officiel d'IRCC au moment de payer, et voyez notre guide sur la biométrie.
Travailler pendant les études
- 24 heures par semaine hors campus pendant les sessions
- Sans limite pendant les congés prévus au calendrier scolaire, comme l'été ou la semaine de lecture
- Conditions : étudier à temps plein dans un établissement désigné, dans un programme d'au moins 6 mois menant à un diplôme ou à une attestation, avoir commencé ses études, détenir un permis qui autorise le travail et un numéro d'assurance sociale
Dépasser la limite n'est pas une faute mineure : c'est une violation des conditions du permis, avec des conséquences sur le statut et sur les demandes futures. Ne comptez pas sur un revenu d'emploi pour remplacer la preuve de fonds. Voir la page d'IRCC sur le travail hors campus.
Votre conjoint et vos enfants
Les membres de la famille ont leurs propres démarches, et leurs dépenses comptent dans les fonds à démontrer. Depuis le 21 janvier 2025, l'époux ou le conjoint de fait d'un étudiant ne peut obtenir un permis de travail ouvert que si l'étudiant est inscrit à l'un de ces programmes :
- une maîtrise d'au moins 16 mois ;
- un doctorat ;
- certains programmes professionnels universitaires énumérés par IRCC (notamment médecine, médecine dentaire, droit, pharmacie, optométrie, médecine vétérinaire, sciences infirmières, éducation, génie) ;
- certains programmes désignés par IRCC ; au Québec, par exemple, des programmes de reconnaissance des compétences d'infirmières et d'infirmiers, d'inhalothérapeutes et de technologistes médicaux formés à l'étranger.
Les autres situations ne donnent plus droit à ce permis. C'est un point à régler avant le départ, pas après l'arrivée : voir la page d'IRCC pour aider son conjoint à travailler au Canada.
Prolonger un permis d'études
Si votre permis expire avant la fin de votre programme, demandez la prolongation avant la date d'expiration. Une demande complète déposée à temps vous permet de conserver votre statut pendant l'étude du dossier, si vous restez au Canada. Au Québec, prévoyez aussi le renouvellement du CAQ, qui suit son propre calendrier. Voir la page d'IRCC pour faire prolonger un permis d'études et notre article sur l'ordre à respecter.
Et après le diplôme ?
Le permis de travail postdiplôme n'est plus automatique : durée du programme, établissement, domaine d'études et niveau de langue comptent. Au Québec, l'expérience acquise ensuite peut mener au PSTQ ou au PEQ. C'est pour cela que le choix du programme se fait en pensant à la suite, dès l'inscription.
Ce que nous faisons pour vous
- Vérifier que l'établissement, le programme et le domaine d'études mènent là où vous voulez aller
- Monter un dossier financier cohérent, avec une origine des fonds documentée
- Coordonner la lettre d'attestation ou le CAQ, puis la demande de permis d'études
- Rédiger avec vous un plan d'études qui correspond à votre parcours réel
- Anticiper les motifs de refus fréquents : fonds insuffisants, projet d'études flou, liens avec le pays d'origine
Une demande reste évaluée par les autorités : l'accompagnement prépare un dossier conforme aux règles publiées, il ne prédit pas la décision. Pour parler de votre projet, réservez une consultation ou décrivez votre situation.
Questions fréquentes
Puis-je étudier au Québec avec seulement un permis d'études ?
Non. Pour les programmes qui l'exigent, il faut d'abord obtenir le Certificat d'acceptation du Québec, puis présenter la demande de permis d'études à IRCC. Le CAQ tient alors lieu de lettre d'attestation provinciale.
Mon permis d'études expire avant la fin de mon programme ?
Il faut demander la prolongation avant la date d'expiration. Une demande déposée à temps vous permet de conserver votre statut pendant l'étude du dossier. Prévoyez aussi le renouvellement du CAQ, s'il y a lieu, qui suit son propre calendrier.
Combien de temps prend le traitement d'un permis d'études ?
Le délai change d'une semaine à l'autre et selon le pays d'où vous présentez la demande. IRCC le publie dans son outil « Vérifiez nos délais de traitement actuels ». Au Québec, comptez aussi le délai du CAQ, qui vient avant.
Dois-je fournir mes données biométriques ?
Dans la plupart des cas, oui, et les frais sont de 85 $ par personne. Notre guide sur la biométrie explique qui doit les fournir et qui en est dispensé.
Puis-je travailler dès mon arrivée au Canada ?
Pas nécessairement : il faut avoir commencé vos études, être inscrit à temps plein dans un programme admissible et détenir un permis qui autorise le travail. Vérifiez les conditions inscrites sur votre permis avant d'accepter un emploi.
Quels documents financiers dois-je présenter ?
Selon votre source de financement : relevés bancaires, preuve de paiement des droits de scolarité, lettre de soutien et revenus du répondant, documents d'une bourse. L'important est de montrer que les fonds seront disponibles et d'expliquer les montants inhabituels.
Sources officielles : IRCC, « Permis d'études : Qui peut présenter une demande » (canada.ca, modifiée le 26 janvier 2026), « Lettre d'attestation provinciale ou territoriale » (2 septembre 2026), « Preuve de ressources financières » (28 août 2026), « Travailler hors campus » (15 avril 2026), « Frais des demandes de citoyenneté et d'immigration » (2 juillet 2026) et l'avis « Attributions provinciales et territoriales de 2026 dans le cadre du plafond applicable aux étudiants étrangers ». Consultées le 20 septembre 2026. IRCC, « Qui peut étudier sans permis » (9 septembre 2026), « Aider son conjoint à trouver un emploi au Canada » (3 février 2026) et « Faire prolonger votre permis d'études » : consultées le 11 octobre 2026.
Nos guides sur ce sujet
Pour aller plus loin, avant de remplir un formulaire :
- Étudier au Québec : les étapes, de la lettre d'admission à la première session
- Données biométriques pour une demande d'immigration au Canada : qui doit les fournir ?
- CAQ, CSQ et permis d'études : à quoi sert chacun, et dans quel ordre
- Permis de travail ouvert : qui y a vraiment droit ?
- Permis de travail ouvert pour conjoint : les critères et leurs limites au Québec
- Renouveler son CAQ et son permis d'études : l'ordre à surveiller
Un projet d'études se planifie jusqu'à la résidence permanente.
Une heure en ligne pour choisir le bon programme, monter un dossier solide et éviter une session perdue.