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Résidence permanente

Catégorie de l'expérience canadienne : les conditions, et la règle qui surprend au Québec

Un an ou 1 560 heures dans les 3 ans, FEER 0 à 3, niveaux de langue, pas de preuve de fonds. Et pourquoi la CEC exige de vivre hors du Québec.

Mis à jour le 11 octobre 2026 · 7 min de lecture · Visa Canada Rouge

Les conditions d’admissibilité de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC) portent sur l’expérience de travail au Canada, la profession et les compétences linguistiques. Elle n’exige ni diplôme minimum ni preuve de fonds, mais ses conditions sur l’expérience sont précises, et une règle surprend beaucoup de travailleurs du Québec. Voici comment les vérifier, d’après la page d’IRCC mise à jour le 24 septembre 2026 et consultée le 11 octobre 2026, sans confondre les critères d’IRCC avec les étapes de sélection du Québec.

Un cuisinier prépare un plat dans la cuisine d’un restaurant (illustration)

Ce que permet la catégorie de l’expérience canadienne

La CEC est l’un des trois programmes gérés par Entrée express, le système fédéral qui sert à gérer certaines demandes de résidence permanente de travailleurs qualifiés. La page officielle d’IRCC sur la catégorie de l’expérience canadienne décrit ses conditions propres ; notre page sur Entrée express présente les grandes étapes du système, et notre guide les trois programmes d’Entrée express les compare.

Vérifier le poste à partir des tâches réellement exercées

La CEC vise les professions des catégories FEER 0, 1, 2 ou 3 de la Classification nationale des professions (CNP). L’expérience peut couvrir plusieurs emplois.

Pour choisir le code CNP, partez des tâches que vous avez réellement exercées, et non du seul titre du poste. Comparez-les à l’énoncé principal et à la description des tâches de la profession : votre expérience doit correspondre à l’énoncé principal et à la plupart des fonctions principales, y compris les fonctions essentielles. Un même intitulé peut désigner des fonctions différentes ; décrivez donc concrètement vos responsabilités et vérifiez que vos preuves d’emploi les appuient.

IRCC exige aussi que l’expérience soit rémunérée (salaire ou commissions), autorisée, et acquise au Canada, Québec compris, pendant que vous étiez autorisé à travailler comme résident temporaire. Le lieu où vous avez exécuté le travail compte : un employeur établi au Canada ne transforme pas à lui seul du travail effectué à l’étranger en expérience canadienne.

Ne comptent pas :

  • le travail fait pendant des études à temps plein, y compris les stages coopératifs ;
  • le travail autonome (sauf une exception limitée pour certains médecins) ;
  • le bénévolat et les stages non rémunérés ;
  • le travail fait sans autorisation.

Pour un diplômé qui a travaillé pendant ses sessions, cela veut dire que le compteur ne démarre vraiment qu’après les études, souvent avec le permis de travail postdiplôme.

Une vérification structurée du programme et des catégories permet de confronter les fonctions, le code CNP et les autres critères avant de bâtir un profil ; les exigences officielles d’IRCC demeurent celles qui déterminent l’admissibilité.

Des mains trient des talons de paie, un permis de travail et des relevés d’emploi (illustration)

Calculer la durée sans gonfler les heures

IRCC exige au moins une année de travail, ou 1 560 heures au total, d’expérience admissible au Canada au cours des trois années précédant la demande.

Le calcul est plafonné à 30 heures par semaine : faire plus d’heures ne raccourcit pas la période requise. IRCC donne comme exemples 30 heures par semaine pendant 12 mois et 15 heures par semaine pendant 24 mois pour atteindre le seuil. Deux emplois à temps partiel peuvent se cumuler, tant que l’expérience est qualifiée, rémunérée et autorisée.

Le saviez-vous ?

L’expérience admissible doit correspondre à au moins une année de travail ou 1 560 heures au total au cours des 3 années précédant la demande.

Source : IRCC, Catégorie de l’expérience canadienne

Atteindre le seuil de langue correspondant au groupe FEER

Le seuil linguistique dépend du groupe FEER de la profession :

  • FEER 0 ou 1 : NCLC 7 en français ou CLB 7 en anglais ;
  • FEER 2 ou 3 : NCLC 5 ou CLB 5.

Le niveau requis doit être atteint dans chacune des quatre compétences évaluées : compréhension orale, compréhension écrite, expression orale et expression écrite. Un résultat global suffisant ne compense pas une compétence sous le seuil applicable.

Tests acceptés : TEF Canada et TCF Canada en français ; CELPIP-General, IELTS General Training et PTE Core en anglais. Un bon niveau en français peut aussi ajouter des points au classement : voir le français dans votre profil.

Études, offre d’emploi et autres critères : ce qui est distinct

La CEC n’impose aucune exigence d’études : vos diplômes servent seulement à votre classement dans le bassin. Elle n’exige pas non plus d’offre d’emploi ni de preuve de fonds ; les candidats invités au titre de la CEC téléversent une lettre qui l’explique. Ces règles propres au programme ne remplacent pas l’évaluation générale de l’admissibilité au Canada, qui fait partie du traitement d’une demande.

Remplir les conditions de la CEC vous place dans le bassin ; l’invitation dépend ensuite de votre score et du type de ronde. Voir comment faire monter votre score SCG et comment lire les rondes d’invitations.

Une personne passe l’épreuve orale d’un test de langue avec un casque (illustration)

Expérience au Québec et intention de s’établir ailleurs

Une expérience acquise au Québec peut être évaluée selon les critères de travail de la CEC. Toutefois, IRCC exige de prévoir habiter à l’extérieur de la province de Québec ; il faut alors fournir la preuve que vous n’avez pas l’intention de vous y établir. Avoir travaillé dans la province ne suffit donc pas à remplir cette condition.

Le lieu de l’expérience et le projet de résidence après l’immigration sont deux questions différentes. Si votre objectif est de demeurer au Québec, la voie équivalente est québécoise : le PEQ (dépôt jusqu’au 31 octobre 2026) ou le PSTQ. Voir PSTQ ou PEQ : quelle voie. Les critères et les étapes de ces programmes relèvent du Québec.

Si votre permis ou votre statut de travail soulève des questions, les règles fédérales relatives au permis de travail au Canada sont distinctes des critères de la CEC. Vérifiez si les périodes concernées étaient couvertes par une autorisation de travail.

Le saviez-vous ?

Le 29 septembre 2026, une ronde réservée à la catégorie de l’expérience canadienne a invité 2 000 candidats, à partir d’une note de 518.

Une ronde passée ne prédit pas la suivante. Source : IRCC, Rondes d’invitations

Préparer des preuves cohérentes pour chaque emploi

Pour chaque poste, regroupez les documents qui établissent les dates, les heures, la rémunération, l’autorisation de travail et les tâches. Des lettres d’employeur servent à démontrer l’expérience ; les pièces doivent correspondre aux renseignements déclarés dans le profil.

Comparez les dates et les heures inscrites dans les documents pour repérer les écarts avant de remplir le profil. La description des fonctions doit appuyer le code CNP retenu ; reprendre uniquement le titre du poste ne démontre pas que les fonctions principales correspondent.

Une carte du Canada où le Québec est délimité, à côté de formulaires (illustration)

Questions fréquentes

Mon emploi étudiant compte-t-il pour la CEC ?

Pas s’il a été fait pendant des études à temps plein, stages coopératifs compris.

Je travaille à Montréal et je veux y rester. La CEC est-elle pour moi ?

Non : la CEC exige de prévoir vivre hors du Québec. Regardez plutôt le PEQ ou le PSTQ.

Peut-on présenter une demande au titre de la CEC si l’on vit maintenant à l’étranger ?

Le fait de résider à l’étranger ne constitue pas en soi une exclusion, si vous avez acquis l’expérience admissible au Canada dans les trois années précédant la demande et remplissez les autres critères, dont l’intention de vivre hors Québec.

Une expérience de travail à distance pour un employeur canadien peut-elle compter ?

Le télétravail compte seulement si vous étiez physiquement au Canada et travailliez pour un employeur canadien. Si votre période de travail a alterné entre le Canada et l’étranger, distinguez les lieux et les périodes dans vos preuves.

Faut-il faire évaluer un diplôme obtenu à l’étranger ?

Pas pour satisfaire à la CEC, qui n’a pas de critère d’études. Une évaluation des diplômes peut toutefois être utile si vous demandez des points au SCG pour une formation étrangère.

Que faire si les résultats d’un test de langue expirent pendant que le profil est dans le bassin ?

Il faut des résultats valides au moment de créer le profil et au moment de présenter la demande de résidence permanente. Si le test approche de son expiration, planifiez un nouveau test et mettez à jour le profil.

Voir aussi : Entrée express, permis de travail postdiplôme, PEQ, PSTQ, preuve de fonds, décrivez votre situation.

Conclusion

Les conditions d’admissibilité de la catégorie de l’expérience canadienne reposent sur une expérience rémunérée et autorisée au Canada, une profession admissible, la durée de travail requise et le niveau de langue correspondant au groupe FEER. Vérifiez chaque élément avec les consignes d’IRCC et distinguez-les du classement, de l’invitation et, pour les personnes qui souhaitent vivre au Québec, des règles provinciales.

Sources officielles

Pages officielles consultées le 11 octobre 2026 :

À propos de ce guide

Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).

Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.

Votre situation est unique.

Ce guide explique les règles générales. Pour savoir ce qui s'applique à vous, parlez-en avec un consultant réglementé.