Résidence permanente
Expérience canadienne : comment IRCC compte vos 1 560 heures
Au plus 30 heures par semaine, temps partiel, plusieurs emplois, fenêtre de 3 ans : la règle exacte et un exemple chiffré pour faire votre propre calcul.
Pour calculer les heures de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC), il faut vérifier à la fois le nombre d’heures, la durée de l’expérience, la profession exercée et la période pendant laquelle le travail a été fait. Le plafond de 30 heures par semaine signifie que les heures supplémentaires ne raccourcissent pas la durée requise. Ce guide s’appuie sur le Règlement et sur les pages d’IRCC consultées le 17 octobre 2026.
À retenir
- La CEC exige une année d’expérience admissible au Canada, dans une profession FÉER 0, 1, 2 ou 3, pendant les trois années précédant la demande de résidence permanente.
- Le temps plein correspond à au moins 30 heures par semaine ; le calcul retient au plus 30 heures par semaine.
- À temps partiel, les heures admissibles s’additionnent au fil des semaines, jusqu’à l’équivalent requis.
- Plusieurs emplois peuvent se combiner, mais leur total est plafonné à 30 heures par semaine.
- Le travail pendant des études à temps plein, le travail autonome, le bénévolat, les stages non rémunérés et le travail non autorisé sont exclus.
- Atteindre le seuil d’heures ne suffit pas à lui seul : il faut aussi la langue, et prévoir vivre hors du Québec.
Le seuil de 1 560 heures et la période à respecter
Selon l’alinéa 87.1(2)a) du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR), il faut au moins une année d’expérience de travail à temps plein, ou l’équivalent à temps partiel, acquise au Canada dans une profession FÉER 0, 1, 2 ou 3 au cours des trois années précédant la demande de résidence permanente. L’article 73 du RIPR définit le temps plein comme au moins 30 heures de travail par semaine.
IRCC traduit cette exigence en au moins une année de travail ou 1 560 heures au total (30 heures par semaine) au cours des trois années précédant la demande, sur sa page de la catégorie de l’expérience canadienne.
La fenêtre de trois ans est mobile : elle se calcule à partir de la date de la demande et recule au fil du temps. Une période admissible aujourd’hui peut sortir de la fenêtre si elle devient trop ancienne avant le dépôt. Si vous êtes sans emploi qualifié pendant plusieurs mois, vos plus anciennes semaines peuvent cesser de compter.
Un relevé de paie ne suffit pas toujours à établir le volume d’expérience : les périodes de paie peuvent différer des semaines réellement travaillées. Reconstituez le calcul semaine par semaine à partir des heures effectuées et des documents disponibles.
Pour vérifier la profession, partez des fonctions réellement exercées : votre expérience doit correspondre à l’énoncé principal de la profession dans la Classification nationale des professions (CNP) et à la plupart de ses fonctions principales, y compris les fonctions essentielles. Un titre de poste semblable ne suffit pas si les fonctions diffèrent ; inversement, un titre différent n’écarte pas un code lorsque les tâches correspondent.
Convertir le temps plein et le temps partiel en heures
À temps plein, comptez jusqu’à 30 heures admissibles par semaine pendant 12 mois. Si vous travaillez davantage, les heures au-delà de ce plafond ne raccourcissent pas la période nécessaire.
À temps partiel, multipliez les heures retenues chaque semaine par le nombre de semaines travaillées. La formule : heures admissibles par semaine × nombre de semaines ; si une semaine dépasse 30 heures, retenez seulement 30.
IRCC donne l’exemple de 15 heures par semaine pendant 24 mois, qui équivalent à une année à temps plein (1 560 heures). La période utilisée doit aussi se situer dans les trois années précédant la demande.
Pour vérifier un horaire régulier :
- Relevez les heures réellement travaillées pour chaque semaine.
- Retenez au plus 30 heures admissibles pour chacune de ces semaines.
- Additionnez les heures retenues.
- Vérifiez que ces semaines se trouvent dans les trois ans et que le travail répond aux autres critères de la CEC.
Un exemple chiffré : beaucoup d’heures, pas assez de semaines
Prenons un travailleur qui a occupé deux emplois qualifiés (FÉER 2), à 40 heures par semaine : environ 27 semaines dans le premier, et environ 13 semaines dans le second. Ses talons de paie montrent plus de 1 600 heures payées. Pourtant :
| Emploi | Semaines | Heures payées | Heures retenues (30 par semaine au plus) |
|---|---|---|---|
| Premier emploi | 27 | 1 080 | 810 |
| Second emploi | 13 | 520 | 390 |
| Total | 40 | 1 600 | 1 200 |
Il lui manque 360 heures, soit environ 12 semaines à temps plein. Les 10 heures de plus chaque semaine ne comptent pas : c’est le nombre de semaines qui manque. IRCC le dit en toutes lettres sur sa page des travailleurs qualifiés (fédéral) : les heures travaillées au-delà de 30 par semaine ne sont pas comptées.
Additionner plusieurs emplois et traiter les horaires variables
Vous pouvez combiner plusieurs emplois admissibles. Pour chaque semaine, additionnez les heures de tous les emplois, puis retenez au plus 30 heures au total, même si le cumul dépasse ce plafond.
Pour un horaire irrégulier, tenez un relevé semaine par semaine avec les dates, les heures de chaque emploi et le total retenu. Cette méthode fait aussi ressortir les semaines sans travail et les périodes où plusieurs emplois se chevauchent.
| Élément à consigner | Exemple de relevé |
|---|---|
| Dates de la semaine | À inscrire pour chaque semaine travaillée |
| Heures par employeur | Employeur A : 24 heures ; employeur B : 12 heures |
| Total avant plafond | 36 heures |
| Heures retenues | 30 heures au plus |
| Période sans travail | Indiquer les semaines concernées |
Une semaine sans travail n’ajoute aucune heure. Les heures supplémentaires ne se reportent pas sur une autre semaine pour compenser une interruption.
Le saviez-vous ?
Pour la catégorie de l’expérience canadienne, il faut au moins une année de travail ou 1 560 heures au total (30 heures par semaine) au cours des 3 années précédant la demande.
Les périodes à inclure et celles à exclure
Retenez seulement le travail rémunéré (salaire ou commission) fait au Canada dans une profession FÉER 0, 1, 2 ou 3, pendant que vous étiez autorisé à travailler comme résident temporaire. Le télétravail compte seulement si vous étiez physiquement au Canada et travailliez pour un employeur canadien.
Ne comptent pas : le travail fait pendant des études à temps plein (stages coopératifs compris), le travail autonome (sauf une exception temporaire pour certains médecins), le bénévolat, les stages non rémunérés et le travail non autorisé. Pour un diplômé, le compteur démarre souvent après les études, avec le permis de travail postdiplôme.
L’autorisation de travailler se vérifie à part : voyez nos pages sur le permis de travail et l’EIMT au Québec.
Tenir un relevé clair et cohérent des heures
Créez un tableau avec une ligne par semaine : les dates, l’employeur, les heures travaillées, les heures retenues après le plafond, et les périodes sans travail. Avec plusieurs employeurs, inscrivez séparément les heures de chacun avant de calculer le total retenu.
Rangez vos pièces par employeur et par période : contrats, relevés de paie, relevés d’emploi de Service Canada et lettres d’employeur. Le relevé d’emploi donne les dates et les heures assurables : c’est souvent le moyen le plus rapide de vérifier son compte.
Pour chaque emploi, demandez une lettre sur papier à en-tête, signée, avec les coordonnées de l’employeur, les dates de début et de fin, le poste, les tâches, les heures par semaine, le salaire et les avantages. Comparez-la aux contrats et aux relevés de paie, et gardez de quoi expliquer tout écart.
Pour faire le point sur votre situation, vous pouvez décrire votre situation ou réserver une consultation.
Ne pas confondre admissibilité à la CEC et points d’Entrée express
Les heures servent à vérifier le critère d’expérience de la CEC ; elles ne donnent pas à elles seules le score du Système de classement global (SCG). L’admissibilité à un programme vous place dans le bassin ; le classement et les rondes décident ensuite des invitations. Voir comment faire monter votre score SCG et notre page Entrée express.
À noter : IRCC a annoncé qu’à partir du 3 novembre 2026, il change la façon d’attribuer les points pour l’expérience de travail au Canada et les offres d’emploi dans le SCG. Les conditions d’admissibilité de la CEC, elles, ne changent pas selon IRCC.
Questions fréquentes
Les heures d’un emploi à l’étranger peuvent-elles compléter les 1 560 heures ?
Non. Le critère de la CEC porte sur une expérience acquise au Canada. Une expérience à l’étranger peut servir ailleurs (points du SCG, autres programmes), mais pas à compléter ce total.
L’expérience acquise au Québec compte-t-elle ?
Oui, si elle répond aux critères. Mais la CEC exige de prévoir habiter à l’extérieur du Québec. Si vous voulez rester au Québec, regardez plutôt le PEQ ou le PSTQ.
Les 1 560 heures doivent-elles être consécutives ?
Non, des périodes admissibles peuvent s’additionner même si elles ne se suivent pas, tant qu’elles sont dans les trois années précédant la demande.
Faire 45 heures par semaine pendant 9 mois suffit-il ?
Non. Chaque semaine compte pour 30 heures au plus : 9 mois restent environ 39 semaines, soit environ 1 170 heures retenues. Il faut l’équivalent de 52 semaines à 30 heures.
Le télétravail pour un employeur canadien depuis l’étranger compte-t-il ?
Non. Il faut avoir été physiquement au Canada en travaillant pour un employeur canadien.
Conclusion
Le calcul des heures de la catégorie de l’expérience canadienne repose sur trois vérifications : retenir au plus 30 heures par semaine, cumuler seulement les emplois et périodes admissibles, et s’assurer que l’expérience se situe dans les trois années précédant la demande. Un relevé hebdomadaire comparé aux documents d’emploi donne un total fiable, sans confondre le seuil d’expérience avec les autres conditions ni avec le classement.
Sources officielles
Pages officielles consultées le 17 octobre 2026 :
- RIPR, article 87.1 (catégorie de l'expérience canadienne)
- RIPR, article 73 (travail à temps plein)
- IRCC — Catégorie de l'expérience canadienne
- IRCC — Programme des travailleurs qualifiés (fédéral)
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À propos de ce guide
Rédigé pour Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal dirigé par Moadh Rahmaoui, consultant réglementé en immigration canadienne (RCIC-IRB, licence R534941, inscrit au registre public du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté).
Ce guide est de nature générale et ne constitue pas un avis juridique. Les conditions, frais et délais d'immigration changent souvent : vérifiez-les sur les sites officiels (canada.ca, quebec.ca) au moment de votre demande. Aucun résultat ne peut être garanti.
Votre situation est unique.
Ce guide explique les règles générales. Pour savoir ce qui s'applique à vous, parlez-en avec un consultant réglementé.