Avant la décision
Lettre d'équité procédurale : votre chance de répondre avant qu'IRCC décide.
Une lettre d'équité procédurale n'est pas un refus. C'est l'occasion, souvent unique, de répondre à une préoccupation précise de l'agent. Le délai est court, et une réponse improvisée laisse la préoccupation sans contrepoids.
Quand un agent d'IRCC envisage de refuser une demande pour une raison que vous ne connaissez peut-être pas, ou qu'il veut s'appuyer sur un renseignement qui ne vient pas de vous, il doit vous permettre d'y répondre. C'est le rôle de la lettre d'équité procédurale (LEP). Elle expose la préoccupation et fixe un délai pour transmettre vos observations.
Visa Canada Rouge, cabinet de consultation en immigration à Montréal, analyse la lettre, identifie exactement ce qui est reproché et prépare une réponse structurée, appuyée par des preuves, dans le délai indiqué.
Le délai court à partir de la date de la lettre, pas du jour où vous l'avez lue. Il varie selon le dossier et peut être de quelques jours seulement. Relevez la date limite et le mode de transmission dès la réception.
Ce qu'une lettre d'équité procédurale peut soulever
- Un doute sur un document : une lettre d'emploi, un relevé bancaire, une attestation d'études ou un diplôme dont l'authenticité ou le contenu pose question.
- Une incohérence : des dates, des adresses ou un historique qui diffèrent d'un formulaire à l'autre, ou d'une demande antérieure à la demande actuelle.
- Une possible fausse déclaration : un renseignement omis ou inexact qui pourrait être important pour la décision. L'enjeu est alors une interdiction de territoire de cinq ans. Voir notre page sur les fausses déclarations.
- Une question d'admissibilité : antécédents criminels ou préoccupation médicale. Pour une préoccupation de fardeau excessif sur les services de santé ou sociaux, IRCC laisse 90 jours à compter de la date de la lettre. Voir notre page sur l'interdiction de territoire.
- Un critère du programme qui ne semble pas rempli : expérience, fonds, relation authentique dans un parrainage.
Comment structurer la réponse
Une bonne réponse ne reprend pas toute la demande : elle répond, point par point, à ce que l'agent a écrit.
- La préoccupation : résumez précisément ce que l'agent veut éclaircir, dans l'ordre de la lettre.
- L'explication : les faits, dans un langage sobre et vérifiable, sans spéculer sur les intentions de l'agent.
- La preuve : ce que chaque document démontre, et pourquoi il répond à la préoccupation.
- La référence : un renvoi clair à l'annexe correspondante, numérotée dans le même ordre que les points de la lettre.
Si un renseignement a été omis ou diffère entre deux pièces, nommez-le et expliquez les circonstances avec des faits qui peuvent être vérifiés. Ne minimisez pas l'écart et n'affirmez pas qu'il était involontaire si vous ne pouvez pas l'étayer. Notre article répondre à une lettre d'équité procédurale détaille la méthode.
Les pièces justificatives
- Choisissez les documents qui répondent directement à la préoccupation ; écartez ceux qui n'apportent rien.
- Vérifiez qu'ils sont lisibles et que leur provenance se comprend.
- Comparez les noms, dates et renseignements avec les formulaires déjà déposés.
- Faites traduire tout document qui n'est ni en français ni en anglais, selon les consignes d'IRCC.
- Expliquez chaque nouvel élément : ce qu'il établit, d'où il vient, à quel point il répond.
Respecter le délai et le mode d'envoi
Utilisez le canal indiqué dans la lettre (compte en ligne, portail, formulaire Web d'IRCC lorsque la lettre le prévoit) et respectez les formats demandés. Si une pièce risque de manquer, demandez une prolongation avant l'échéance, en expliquant pourquoi et combien de temps il vous faut ; une demande de prolongation ne suspend pas automatiquement le délai. Conservez une copie complète de ce que vous envoyez et la preuve d'envoi.
Après la réponse
IRCC examine vos observations puis rend sa décision. Une réponse complète permet à l'agent de tenir compte de votre version ; elle ne garantit pas l'approbation. Une absence de réponse laisse la préoccupation sans contrepoids, et la décision est prise sur la base du dossier tel qu'il est.
Si la décision est défavorable, les options changent : nouvelle demande, demande de réexamen ou contrôle judiciaire, avec des délais stricts. Voir notre page sur les visas ou permis refusés et notre article sur la note de l'agent.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Attendre : le délai court depuis la date de la lettre.
- Répondre à côté : une réponse générale qui ne traite pas la préoccupation précise.
- Noyer l'agent sous des pièces sans lien avec la question.
- Contredire le dossier sans expliquer pourquoi une version change.
- Envoyer par le mauvais canal ou dans un format refusé.
- Laisser un intermédiaire répondre sans relire : vous restez responsable de tout ce qui est transmis en votre nom.
Ce que nous faisons pour vous
- Identifier exactement la préoccupation et ce qu'elle met en jeu (refus, fausse déclaration, admissibilité)
- Choisir les preuves qui y répondent directement
- Rédiger une réponse structurée et factuelle, dans le délai
- Demander une prolongation quand une pièce essentielle ne peut pas être obtenue à temps
Apportez la lettre, vos formulaires et les échanges avec IRCC, puis réservez une consultation sans attendre ou décrivez votre situation.
Questions fréquentes
Une lettre d'équité procédurale veut-elle dire que je suis refusé ?
Non. Elle signale une préoccupation et vous donne l'occasion d'y répondre avant la décision. L'issue n'est pas encore tranchée.
Combien de temps ai-je pour répondre ?
Le délai est celui indiqué dans votre lettre ; il n'y a pas de délai universel. Pour une préoccupation médicale de fardeau excessif, IRCC laisse 90 jours à compter de la date de la lettre.
Puis-je demander plus de temps ?
Oui, avant l'échéance, en expliquant pourquoi. Tant qu'IRCC n'a pas accepté, considérez que le délai initial s'applique.
Puis-je corriger une erreur de mon formulaire dans ma réponse ?
Oui. Indiquez le formulaire et le champ concernés, donnez le renseignement exact et joignez la pièce qui l'établit.
La lettre peut-elle concerner un membre de ma famille ?
Oui. Précisez la personne concernée et distinguez ses faits de ceux des autres demandeurs.
Que se passe-t-il si je ne réponds pas ?
L'agent décide à partir du dossier tel qu'il est, sans votre version des faits. La préoccupation reste entière.
Sources officielles : IRCC, « Interdiction de territoire pour motifs sanitaires », « Expliquer le refus d'une demande : note de décision de l'agent » et « Conséquences de la fraude en matière d'immigration et de citoyenneté ». Consultées le 11 octobre 2026.
Nos guides sur ce sujet
Pour aller plus loin, avant de remplir un formulaire :
Une lettre, un délai : ne laissez pas passer la date.
Une heure en ligne pour comprendre la préoccupation et préparer une réponse solide.